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| Titre : | Jeunesse de Rossini (extrait de "Rossini") | ||||||||
| Compositeur(s) et-ou auteur(s) : | René Fauchois | ||||||||
| Interprète(s) : | René Fauchois | ||||||||
| Genre : | Diction : poème | ||||||||
| Fichier audio : | |||||||||
| Photo(s) : | |||||||||
| Support d'enregistrement : | Disque | ||||||||
| Format : | 30 cm aiguille (enregistrement acoustique) | ||||||||
| Marque de fabrique, label : | Pathé | ||||||||
| Numéro de catalogue : | X9077 | ||||||||
| Numéro de matrice : | N201683 B-1-R | ||||||||
| Date de l'enregistrement : | 1929-04-xx | ||||||||
| Instruments : | Déclamation, diction, monologue | ||||||||
| Vitesse (tours/minute) : | 78 | ||||||||
| Matériel employé au transfert : | Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar duo declickle, dehiss | ||||||||
| Date du transfert : | 28-02-2024 | ||||||||
| Commentaires : | Texte du contenu ci-joint. Gravée d'avril à juin 1929 et publiée par Pathé au printemps 1930, cette "Anthologie des poètes français contemporains dits par eux mêmes" rassemble sur 24 faces de disques les voix de Lucie Delarue-Mardrus, Maurice Donnay, René Fauchois, Paul Fort, Franc-Nohain, Paul Géraldy, Rosemonde Gérard, Pierre de Nolhac, François Porché, André Rivoire, Maurice Rostand et Miguel Zamacoïs récitant des fragments de leurs oeuvres. Un article publié en français dans The French Review, Vol. 4, No. 6 (May, 1931), pp. 461-466 offre une présentation de ces disques et propose un état des lieux de la diction du vers français et la déclamation en France, en considérant cet art comme étant alors dans une période de transition. Collection David Schmutz. | ||||||||
| Texte du contenu : | Rossini ; jeunesse de Rossini
Ah ! vous êtes un ange et, les ailes ouvertes, vous planez dans un rêve et j'en suis ému, certes, plus que j' n'en ai l'air, princesse, en bouffonnant. Laissez-moi vous parler sans rire maintenant : Au ciel italien je dois toute ma verve ; Il faut qu'il soit sur moi pour que j' la conserve. Sous les lambris dorés d'un salon parisien, je n'aurais plus d'esprit, je n' vaudrais plus rien. D'abord, j'ignore tout des usages du monde. Je mange énormément, d'une manière immonde, avec mes doigts comme un pêcheur napolitain et je vous ferais honte avant peu, c'est certain. Je ne sais pas me taire avec une duchesse, je ne professe aucun respect pour la richesse et je conçois l'amour d'une telle façon que si je l'expliquais vous auriez le frisson. Votre ardeur me toucha mais loin que je l'attise, Il sied qu'à vos regards je me dépoétise. Ces tréteaux où j'ai fait mes débuts tout enfant me sont chers, ils m'ont vu les premiers triomphant. L'Opéra de Paris, bien sûr, c'est magnifique mais les Parisiens aiment-ils la musique ? Aimeraient-ils la mienne ? Il paraît que mon feu les offusque. En tout cas, on me chante fort peu dans cette capitale auguste et souveraine où j'aurais trop d'orgueil de vous voir ma marraine. Aux gueux de mon allure et de mon acabit que n'éblouissent pas les vertus de l'habit, Paris ne peut donner que beaucoup de tristesse. Mozart en a souffert malgré sa politesse, et notre Canova, le sculpteur de l'amour, lorsque Napoléon l'appelait à la cour, Fut un sage en faisant toujours la sourde oreille. Paris n'eût pas ôté sa gloire sans pareille, j'irai peut-être un jour, j'irai peut-être, hélas ! quand de simplicité je me sentirai las. À ces malins Français j'irai servir de cible. Souhaitons que cela soit le plus tard possible. Alors je n'aurai plus ma taille de héros, je porterai perruque alors, je serai gros, mon génie écrasé sous le poids des médailles me dira tous les jours : Il faut que tu travailles ! Et naturellement je n'écrirai plus rien et ce sera parfait car tout est toujours bien. J'aurai l'air fatigué d'un gardien de musée et je regretterai ma jeunesse amusée, mes deux habits par an et mes pauvres bouquins, le temps qu'on me payait soixante-dix sequins pour bâcler un ouvrage en deux ou trois semaines, mes succès milanais et mes chutes romaines. Horreur ! je deviendrai jaloux des jeunes gens, je les trouverai laids, fous, inintelligents, je n'aurai plus de dents mais j'essaierai de mordre, on me décorera tous les matins d'un ordre, je lirai les journaux avec componction et je mourrai d'ennui ou d'indigestion. Et maintenant qu'elle est, je l'espère, abattue, vous ne gardez pas trop rancune à ma statue ? |
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