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| Titre : | Semaine internationale du cancer, séance d'ouverture – Histoire de la découverte du radium, par Jean Perrin (fin) – Conférence de Louis de Broglie (1) |
| Interprète(s) : | Jean Perrin ; Louis de Broglie |
| Genre : | Discours de circonstance |
| Fichier audio : | |
| Support d'enregistrement : | Disque |
| Format : | 30 cm aiguille (enregistrement électrique) |
| Lieu d'enregistrement : | Paris, France |
| Marque de fabrique, label : | Pyral zinc – Radio Luxembourg |
| Numéro de double-face : | 20521 |
| Numéro de catalogue : | 943 S pera-2393-1396 |
| Numéro de matrice : | Py2174 |
| Date de l'enregistrement : | 1938-11-24 |
| Instruments : | Déclamation, diction, monologue |
| État : | Exc++ |
| Vitesse (tours/minute) : | 78 |
| Matériel employé au transfert : | Stanton 150, SME-Clément, pointe 2,2ET sur Shure M44, Elberg MD12 : courbe BSI, Cedar X declick, decrackle |
| Date du transfert : | 14-05-2019 |
| Commentaires : | Texte du contenu ci-joint. |
| Texte du contenu : | Semaine internationale du cancer – communication de Jean Perrin
[Pour l'ensemble des disques de la semaine internationale du cancer 1938, voir ici.] 18. [...] l'hypothèse. Crookes et l'école anglaise supposèrent d'autre part qu'ils sont des trajectoires de corpus..... négatifs et violemment repoussés par la cathode négative mais ni Crookes ni Herz plus tard ne réussirent à prouver l'électrisation des rayons, et la théorie dite ondulatoire fut décidément en faveur quand Herz eut découvert que les rayons cathodiques traversent sans les altérer des pellicules compactes d'épaisseurs comparables au centième de millimètre. Le physicien hongrois Lenard, fermant par une telle pellicule assez forte pour (tenir la pression atmosphérique, d'une fenêtre du tube à décharge ???) fit ainsi pénétrer dans l'air les rayons qui frappaient la pellicule. Il constata qu'alors, loin de manifester une charge, ces rayons déchargent un électroscope chargé et il conclut trop hâtivement sans penser que l'air devenait peut-être alors conducteur que décidément les rayons cathodiques sont électriquement neutres et immatériels comme la lumière. Il fallut bien pourtant renoncer à ces conclusions quand en 1895 j'eus la chance de prouver simplement en les recevant dans un cylindre de Faraday bien protégé que les rayons cathodiques transportent toujours avec eux de l'électricité négative dont on ne peut pas les séparer même en les faisant pénétrer au travers d'une pellicule compacte mince dans une enceinte métallique entièrement close. En d'autres termes, ils sont formés de projectiles négatifs, corpuscules prodigieusement subtils et rapides. J'ai aussitôt vérifié que ces corpuscules, quand ils pénètrent dans un espace électriquement protégé, sont ralentis puis arrêtés par un champ électrique opposé à leur mouvement comme une pierre lancée en l'air se ralentit et s'arrête sous l'action de la pesanteur. Ceci mesure la chute de potentiel à laquelle ils devaient leur vitesse, d'où une relation évidente entre cette vitesse et leur charge spécifique. La déviation par un champ magnétique donne une seconde relation à ces deux grandeurs qu'on pouvait dès lors calculer. Je fus moins prompt ou moins habile que Vischer (?), Kaufmann, J. J. Thomson, Lenard qui, après avoir repris et vérifié mes résultats déterminèrent indépendamment la vitesse et la charge spécifique des corpuscules. Le résultat fut surprenant. Bien entendu, les vitesses varient énormément selon la chute de potentiel utilisée. Mais, la charge étant supposée la même que celle de l'ion hydrogène dans l'électrolyse - hypothèse qui devait bientôt être justifiée par de belles expérience de l'Anglais Townsend - la masse des corpuscules désormais dénommés électrons se montrait invariable et deux mille fois environ plus légère, plus faible que celle du plus léger de tous les atomes. La notion d'électron ainsi acquise allait prendre une importance de plus en plus grande. D'abord J. J. Thomson et Lenard montraient que ces électrons constituent des charges négatives que la lumière fait jaillir des métaux par effet photoélectrique. Et J.J. Thomson encore trouvait que ces mêmes... 19. [...] mais cette guérison sera la conséquence évidente de telle recherche de génétique ou même de telle découverte de physique pure entreprise sans se préoccuper d'un désir que ne pourrait diriger une recherche féconde. Au reste, ce n'est pas à vous, savants, qu'il faut rappeler que les grands progrès de notre civilisation matérielle ont été dus à la découverte des choses inconnues et, bien entendu, aux inventions innombrables qu'elle a permises. Vous savez ce que nous avons dû même dans le domaine pratique, j'y insiste, tout d'abord aux mathématiques, science conquérante au même titre que la physique ou la chimie ou la biologie car l'outil délicat de l'abstraction mathématique épuise le contenu dissimulé dans les données expérimentales et multiplie ses symboles magiques jusque dans les plus humbles manuels de technique. Vous savez mieux encore comment les découvertes de la pile et du courant électrique par l'Italien Volta, du champ magnétique des courants et des lois d'interaction de ces courants par le Français Ampère, de l'induction électrique par l'Anglais Faraday ont été la source de toute l'énorme industrie qui transforme en esclaves dociles, transportés là où il nous plaît, les génies monstrueux et puissants qui dormaient enfermés dans le sein de la terre ou se dissimulaient dans les cascades rugissantes. Et c'est en définitive à ces mêmes chercheurs que l'on doit indirectement le télégraphe, le téléphone et enfin, grâce aux théories développées par l'Anglais Maxwell la découverte par l'Allemand Hertz et enfin la mise en œuvre par l'Italien Marconi de cette radiotélégraphie puis de cette radiotéléphonie qui unifient toute la planète en un seul organisme frémissant devant les mêmes faits instantanément connus de tous. Vous ..?.. encore aussi bien la perspective de tout ce que nous devons à la connaissance précise de la matière, à la chimie, à cette chimie entrevue au Moyen-Âge, créée presque d'un coup par l'immortel Lavoisier, développée par le Suédois Scheele, par les Anglais Priestley, Dalton, Davy, à cette chimie qui a décomposé la matière encore simple dont la connaissance a engendré une floraison d'inventions et des techniques nouvelles donnant par exemple à la construction, aux transports, à l'aviation les possibilités prodigieuses qui ont leur source dans la découverte des métaux légers, aluminium par le Danois Ørsted, glucinium et magnésium par Bussy et je ne parle pas ici, parce qu'on va vous en parler longuement, de la puissance que nous espérons trouver dans la physique et dans la chimie nucléaire au sein même du noyau prodigieusement petit et dense où se concentre la réalité profonde de chaque atome. Je passe, pour épargner votre temps, sur les découvertes de chimie organique et de biologie pourtant les plus précieuses pour nous et, résumant, nous voyons que presque tous ces progrès de notre civilisation matérielle [...] 20. Un autre caractère est la part du hasard. Le chercheur intervient par le problème qu'il se pose, par la question qu'il vise, par les méthodes qu'il emploie mais l'importance du résultat est souvent affaire de chance. L'habileté des physiciens que j'ai cités n'avait aucun rapport avec le fait imprévu que l'électron est beaucoup plus léger que les atomes. Un troisième caractère dont je voudrais qu'il vous ait tous frappés est la beauté de la révélation que fait la nature au chercheur. Enfin, l'importance de la découverte se traduit invariablement par le fait qu'elle entraîne des conséquences pratiques au premier abord imprévisibles. Car je ne vous ai pas dit que précisément la découverte des électrons a des conséquences pratiques immenses dont à ce jour la principale est cette télévision qui nous sera plus précieuse bientôt que la téléphonie sans fil et qui ne serait pas possible sans le ... prodigieusement ...... que forme un mince rayon cathodique et je devrais citer aussi le microscope à électrons où des lentilles électriques et magnétiques dévient les électrons de façon à permettre des grossissements qui dépassent déjà cent mille diamètres, qui vont bien au-delà par conséquent de tout ce que vous donnaient les microscopes. Pour multiplier de telles découvertes qui accroîtront sa puissance au-delà de toute limite rêvée, il faut multiplier le nombre de grands chercheurs, bien faible encore en comparaison de ce qu'il pourrait être. Je suis heureux de dire ici, de redire plutôt, après ...... devant le président de notre République, devant nos ministres, que notre gouvernement et notre parlement ont permis au cours de ces dernières années l'organisation en France d'un vaste service de la recherche. Il nous serait précieux que les nations amies trouvent quelque chose à emprunter cette organisation en l'améliorant sans doute. C'est en effet l'intérêt de chaque pays que la recherche devienne partout plus active. Si la guérison du cancer se découvre, disons en Hollande, tous les pays n'en profiteront-ils pas aussitôt ? Et par là échappant à ce qui semblait un inflexible destin, l'Humanité heureuse pourra enfin créer la paix au sein d'une civilisation fraternelle. En disant ces paroles, je n'oublie pas à quel point notre temps est lourd d'inquiétudes. J'entends comme vous le fracas des luttes sanglantes où l'agression injustifiée exploite l'horreur de massacres sans précédent et je sens avec vous l'incertitude et l'angoisse d'une évolution sociale profonde et rapide mais je vois luire aussi une espérance nouvelle que nos ancêtres n'ont pas connue. Je sais avec Pierre Curie que nos richesses vont se multiplier bientôt de telle sorte que les problèmes sociaux qui nous ont tellement tourmentés n'auront bientôt plus de sens. Je suis assuré que les maladies vont disparaître, que la vieillesse et la mort reculeront et qu'enfin les hommes cesseront sans doute d'être méchants parce qu'ils ne croiront plus avoir besoin de l'être. Et, par un retour singulier, le progrès de la civilisation matérielle entraînera le progrès de la civilisation morale par ce simple fait que les hommes auront tous le temps nécessaire fin. [...] pour vivre de façon harmonieuse et saine et pourront s'élever tous aux joies supérieures de la science et de l'art. voir ensuite Semaine internationale du cancer, séance d'ouverture - Conférence de Louis de Broglie |
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