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| Titre : | Sapho (musique sur le thème d'"Après un rêve" de Fauré) | ||
| Compositeur(s) et-ou auteur(s) : | Alphonse Daudet ; Adolphe Belot | ||
| Interprète(s) : | Cécile Sorel | ||
| Genre : | Opéra | ||
| Fichier audio : | |||
| Photo(s) : | |||
| Support d'enregistrement : | Disque | ||
| Format : | 30 cm aiguille (enregistrement électrique) | ||
| Lieu d'enregistrement : | Paris, France | ||
| Marque de fabrique, label : | Pyral alu | ||
| Date de l'enregistrement : | 1933 | ||
| Instruments : | dialogue | ||
| État : | Exc++ | ||
| Vitesse (tours/minute) : | 79 | ||
| Matériel employé au transfert : | Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure M44G, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar X, declick, decrackle, dehiss | ||
| Date du transfert : | 18-03-2022 | ||
| Commentaires : | Texte du contenu ci-joint. Copie du Polydor 30cm 566.151 de 1933 | ||
| Texte du contenu : | Fragment de Sapho (Daudet)
Cécile Sorel FANNY Ah ! m'ami, pardonne-moi d'être venue, mais on ne se quitte pas sans un adieu. Et puis, ça me faisait trop de peine de songer que tu étais parti fâché, sur une scène. Alors, tu ne m'en veux plus, bien vrai ? Ah ! que tu es bon, que je suis contente... tu veux bien que je me repose un peu ? GAUSSIN Oui, asseyez-vous là. FANNY Oh ! tu dis vous. C'est que je suis lasse, vois-tu... J'ai tant souffert, tant pleuré, depuis ton départ. Je ne sais pas comment je vis encore... Tu dois me trouver changée, vieillie. Songe que c'est une brisure horrible et si brusque, si inattendue... depuis le temps qu'on se connaissait, qu'on vivait serrés l'un contre l'autre... méchant ! GAUSSIN Vous êtes à Ville-d'Avray, toujours ? FANNY Où veux-tu que j'aille ? Je n'ai la force de rien. Je suis là comme après une mort, un incendie ; je pleure, j'attends, ne sachant à quoi me prendre. Quelquefois, le matin... oh ! mais les premiers temps seulement, tu sais, plus maintenant... je me réveillais toute joyeuse : « C'est aujourd'hui ; il va revenir... » Pourquoi ? Oh ! rien, tu sais... une idée... Alors, je mettais ma plus belle robe, j'arrangeais mes cheveux comme tu les aimais, et jusqu'au soir, jusqu'au dernier filet de lumière, je restais le front collé contre la vitre, guettant le bruit de ton pas dans la ruelle... la petite sonnette du jardin. Oh ! fallait-il être folle ! GAUSSIN Il faut retourner à Paris, ce serait trop triste, l'hiver FANNY Oh ! non, laisse-moi là-bas. Notre petite maison m'enveloppe de toi. Et puis, qu'est-ce que je ferais dans Paris ? J'ai le dégoût de cette vie, de ce passé qui t'éloigne... Je n'en veux plus. Mais non, j'ai été à toi, ta femme ; j'entends rester tienne à jamais, garder le goût de tes caresses. Ah ! ah ! ah ! ah ! C'est bien drôle, n'est-ce pas ? Sapho vertueuse !... Mais pas pour toi... Et alors, pense, quel supplice ! Tous les deux, dans Paris, car tu vas y revenir... et ne pas se voir !... Mais tu te sens donc bien fort, toi, dis ? Mais moi, j'aurais beau te promettre, je ne pourrais pas, on ne verrait que moi dans ton escalier... Oh! non, non, il vaut mieux que je reste là-bas. Seulement, écoute... Je comprends que notre vie à deux t'ait pesé trop. Oui, trop de choses te blessaient, t'effrayaient... Je sais tout cela, m'ami... mais enfin, sans vivre toujours ensemble, on pourrait n'être pas perdu l'un pour l'autre. Si tu venais me voir de temps en temps, pour m'acclimater ? Oh ! tu viendras, dis ? La petite maison se fera belle, il n'y aura que nous deux. C'est une charité que je te demande... pour un bout de temps encore... une petite place dans ton cou, ma place, quand tu me portais dans l'escalier, tu sais, m'ami. GAUSSIN Oui, oui, je sais, mais ce n'est pas possible. FANNY Pourquoi ? GAUSSIN Si je venais une fois, je ne m'en irais plus. FANNY Tu crois ? GAUSSIN Tu n'en as donc pas assez, malheureuse ? Tu ne comprends donc pas que nous ne pouvons que souffrir l'un par l'autre ? FANNY Mais je ne t'ai rien fait. Du jour où je t'ai connu, je t'ai aimé fidèlement, j'ai été à toi toute, cherchant toujours à te faire de moi une joie nouvelle. GAUSSIN Et le passé ? FANNY Ah ! le passé... Ce n'est pas ma faute pourtant... À moins de m'arracher le cœur... GAUSSIN Ni ta faute ni la mienne. C'est le malheur de nos existences de s'être rencontrées trop tard. FANNY Mais, avec le temps, tout s'efface. Moi, ça ne m'effrayait pas, tu sais, souffrir avec toi, par toi, c'était bon encore... GAUSSIN D'ailleurs, il y a une raison plus forte que tout à notre rupture... Je vais partir. FANNY Partir ? GAUSSIN Oui, celui dont je devais avoir la place FANNY Oui, eh bien ? GAUSSIN Il quitte son poste. FANNY Et alors ? GAUSSIN Alors, comme c'était mon tour... FANNY Assez, ne mens plus... tu ne sais pas, d'abord ! Le vrai, c'est que tu te maries. Oh ! il y a assez longtemps que ta famille te travaille. Enfin les voilà contents et la demoiselle à ton goût, j'imagine, hein. Tu es venu lui faire ta cour. Ah! ha ! ah ! ... Ah ! ben, elle m'amuse, ton histoire d'Hédouin, tu sais !... Elle m'amuse... Oh ! menteur ! lâche ! menteur! menteur ! Oh ! non, non, non, non, non,c'est pas vrai, c'est pas vrai, non, non, non... Je suis folle, je souffre... Alors je dis des choses... Oh ! non, tu ne pars pas, dis ? Ce n'est pas fini à jamais entre nous ? GAUSSIN C'est fini. FANNY Non, non, non, tais-toi, tais-toi, ne dis pas ça. Oui, tu partiras, tu te marieras, mais plus tard. Et alors nous nous quitterons tout naturellement. Mais d'ici là... d'ici là nous n'avons pas encore épuisé toutes nos joies, toutes nos ivresses. Deux ans, qu'est-ce que c'est ? Oh ! rappelle-toi, rappelle-toi comme nous avons été si heureux... Mais nous le serions encore si tu voulais, dis... dis ? Oh ! tu te détournes, tu ne réponds pas. Oh ! Dieu ! je voudrais dormir, et que tout cela ne soit qu'un rêve. GAUSSIN Ah ! tais-toi, mais tais-toi... tu me fais mal. FANNY Grâce! Pitié ! ... Mon amour, ma vie, ne me quitte pas... Écoute, ce n'est plus de l'amour que je te demande, non, c'est un peu de pitié pour le chien qui t'aimait, que tu pouvais battre, qui te serait resté fidèle jusqu'à la mort... GAUSSIN Mais voyons... Il le faut... Sois raisonnable. FANNY Oh ! comme il me parle. Comme il est fort, lui. C'est fini... Il ne m'aime plus... Tout est noir maintenant. Je suis perdue. Au secours ! au secours ! Oh ! m'ami, m'ami... |
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