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| Titre : | Le faune silencieux - Le serin | ||||||||
| Compositeur(s) et-ou auteur(s) : | Miguel Zamacoïs | ||||||||
| Interprète(s) : | Miguel Zamacoïs | ||||||||
| Genre : | Diction : poème | ||||||||
| Fichier audio : | |||||||||
| Photo(s) : | |||||||||
| Support d'enregistrement : | Disque | ||||||||
| Format : | 30 cm aiguille (enregistrement acoustique) | ||||||||
| Marque de fabrique, label : | Pathé | ||||||||
| Numéro de catalogue : | X9071 | ||||||||
| Numéro de matrice : | N201701-1-R | ||||||||
| Date de l'enregistrement : | 1929-05-xx | ||||||||
| Instruments : | Déclamation, diction, monologue | ||||||||
| Vitesse (tours/minute) : | 78 | ||||||||
| Matériel employé au transfert : | Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar duo declickle, dehiss | ||||||||
| Date du transfert : | 27-02-2024 | ||||||||
| Commentaires : | Texte du contenu ci-joint. Gravée d'avril à juin 1929 et publiée par Pathé au printemps 1930, cette "Anthologie des poètes français contemporains dits par eux mêmes" rassemble sur 24 faces de disques les voix de Lucie Delarue-Mardrus, Maurice Donnay, René Fauchois, Paul Fort, Franc-Nohain, Paul Géraldy, Rosemonde Gérard, Pierre de Nolhac, François Porché, André Rivoire, Maurice Rostand et Miguel Zamacoïs récitant des fragments de leurs oeuvres. Un article publié en français dans The French Review, Vol. 4, No. 6 (May, 1931), pp. 461-466 offre une présentation de ces disques et propose un état des lieux de la diction du vers français et la déclamation en France, en considérant cet art comme étant alors dans une période de transition. Collection David Schmutz. | ||||||||
| Texte du contenu : | Le faune silencieux - le serin
Le faune silencieux Tout au fond du vieux parc un rond-point gazonné... Au centre, sur un socle, un faune aux pieds de chèvre, Qu'après un long effort un lierre a couronné, Maintient toujours sa flûte à hauteur de sa lèvre. Au temps où la forêt servait d'asile aux dieux, Le faune musicien appuyé contre un arbre Leur dispensait ici ses chants mélodieux, Mais les dieux sont partis et l'ont laissé de marbre. Ses dix doigts délicats, nettement arrêtés En plein essor joyeux de leur danse dernière, Gardent fidèlement pour des éternités Dans le pesant pipeau la chanson prisonnière. Mais les oiseaux des bois se sont pris d'amitié Pour le chanteur muet qui fut jadis habile, Et quelquefois, la nuit, l'un d'eux, apitoyé, Se perche entre ses doigts sur la flûte immobile ; Et, l'ombre étant complice, on ne peut pas savoir Si le chant merveilleux que l'écho répercute, Qui va tout attendrir, qui va tout émouvoir, C'est de l'oiseau qu'il sort, ou si c'est de la flûte ! - - - Le serin Meublant sa futile existence De menus faits sans importance Bébête à fournir un dicton, Le serin change de bâton... Il se réveille avec l’aurore. Descend sur le zinc, y picore, Saute d’un bond jusqu’au fronton... — Et puis il change de bâton. Il fait déborder sa baignoire, Se jette sur la balançoire, S’agrippe aux barreaux de laiton... — Et puis il change de bâton. Frotte son bec à l’os de seiche, Dans l’échaudé creuse une brèche, Veut percer le toit de carton... — Et puis il change de bâton. Éclabousse le territoire De tous les grains de sa mangeoire, S’empiffre un peu d’un air glouton... — Et puis il change de bâton. Sans raison plausible il menace Le serin qu’il voit dans la glace, Tourne trois fois comme un toton... — Et puis il change de bâton. Il se fait gros, enfle sa plume, S’amuse à tripler de volume, S’improvise un double menton... — Et puis il change de bâton. Subitement, d’un bec vorace, Se pouille jusqu’à la carcasse Ou s’épluche chaque peton... — Et puis il change de bâton. Lance une étonnante roulade, Devant sa feuille de salade Demeure un instant de planton... — Et puis il change de bâton. Il rosse un peu sa bonne amie Pour un petit morceau de mie Resté dans le fond d’un croûton... — Et puis il change de bâton. Rêvant d’une progéniture, On le voit soudain qui triture Quelques petits brins de coton... — Et puis il change de bâton. Pendant que sa femme est nourrice, Il va, vient, prend de l’exercice, Gave le hideux avorton... — Et puis il change de bâton. Un jour il meurt de peu de chose, Et chez les serins on en cause Le temps de dire, affirme-t-on : « — Un tel a lâché son bâton ! » |
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