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Titre :L'heure apaisée (extrait de "Le désir et l'amour")
Compositeur(s) et-ou auteur(s) :André Rivoire
Interprète(s) :André Rivoire
Genre :Diction : poème
Fichier audio :
Photo(s) :
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Support d'enregistrement :Disque
Format :30 cm aiguille (enregistrement acoustique)
Marque de fabrique, label :Pathé
Numéro de catalogue :X9072
Numéro de matrice :N-201639-2
Date de l'enregistrement :1929-04-xx
Instruments :Déclamation, diction, monologue
Vitesse (tours/minute) :78
Matériel employé au transfert :Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar duo declickle, dehiss
Date du transfert :27-02-2024
Commentaires :Texte du contenu ci-joint. Gravée d'avril à juin 1929 et publiée par Pathé au printemps 1930, cette "Anthologie des poètes français contemporains dits par eux mêmes" rassemble sur 24 faces de disques les voix de Lucie Delarue-Mardrus, Maurice Donnay, René Fauchois, Paul Fort, Franc-Nohain, Paul Géraldy, Rosemonde Gérard, Pierre de Nolhac, François Porché, André Rivoire, Maurice Rostand et Miguel Zamacoïs récitant des fragments de leurs oeuvres. Un article publié en français dans The French Review, Vol. 4, No. 6 (May, 1931), pp. 461-466 offre une présentation de ces disques et propose un état des lieux de la diction du vers français et la déclamation en France, en considérant cet art comme étant alors dans une période de transition. Collection David Schmutz.
Texte du contenu :Le désir et l'amour ; L'heure apaisée


Heureux qui peut goûter dans l'arrière-saison
Un bonheur fait de calme et de tendre raison
Et qui peut au déclin de sa vive jeunesse
Dépouiller tout crédule espoir qu'elle renaisse,
Même si le plaisir et même si l'amour
Veulent tenter sur lui quelque obstiné retour !
C'était le vieux conseil de la sagesse humaine.
Mais toi, que ton désir insatiable mène,
Qui t'agites hâtivement sous le ciel vain
Et dont le corps s'épuise à chercher du divin,
Sauras-tu renoncer, sans la croire assouvie,
À cette unique joie éparse de la vie,
Dont le délice aigu t'aura seul apporté,
Dans l'oubli de toi-même, un peu d'éternité ?

Car de beaux yeux encor te souriront peut-être ;
Des baisers inconnus, qu'il faudra méconnaître
Et tels que tes vingt ans n'en ont jamais cueillis
Viendront, tendus vers toi, troubler tes sens vieillis.
Crains surtout le danger du piège involontaire,
L'offre ignorante des yeux purs, et leur mystère,
Crains l'ardeur qui s'éveille et ce besoin secret
Qu'ont les désirs naissants d'essayer leur attrait.
Détourne-toi, prends garde. Il ne faut pas entendre.
Il faut passer tes derniers jours à les défendre,
À découvrir en toi, que ta chair va quitter,
De sereines raisons de ne rien regretter.
Non, non, rappelle-toi combien peu tout est nôtre
Comme on se sent toujours en fuite l'un de l'autre
Aussitôt que les corps se sont appartenu
Garde-toi, garde-toi du baiser tard venu !
Ne sais-tu pas encore assez comme on expie
Par des jours et des jours de détresse accroupie,
À voir crouler la flamme aux cendres du foyer,
Le vertige où l'amour nous a fait tournoyer ?

Prends doucement dans tes deux mains la main fidèle,
Qui s'en était remise à toi. Reste auprès d'elle,
Qui sut lier ta vie à son cœur indulgent
Et qui n'a pas changé, quand tout fut si changeant.
Ne lui dis rien. Dans l'ombre, elle attendait son heure,
La plus humble, mais la plus sûre, la meilleure,
L'heure apaisée, où rien ne peut plus désunir
Ceux dont le présent même est fait de souvenir,
L'heure où l'on sent au loin, dans la mort, quand on aime,
Se prolonger l'espoir d'une étreinte suprême.



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