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Titre :Sonnet pour Hélène - Béatrice - L'échafaud de Marie-Antoinette (extraits de "Poèmes de France et d'Italie")
Compositeur(s) et-ou auteur(s) :Pierre de Nolhac
Interprète(s) :Pierre de Nolhac
Genre :Diction : poème
Fichier audio :
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Support d'enregistrement :Disque
Format :30 cm aiguille (enregistrement acoustique)
Marque de fabrique, label :Pathé
Numéro de catalogue :X9078
Numéro de matrice :N201704 1-R
Date de l'enregistrement :1929-05-xx
Instruments :Déclamation, diction, monologue
Vitesse (tours/minute) :78
Matériel employé au transfert :Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar duo declickle, dehiss
Date du transfert :28-02-2024
Commentaires :Texte du contenu ci-joint. Gravée d'avril à juin 1929 et publiée par Pathé au printemps 1930, cette "Anthologie des poètes français contemporains dits par eux mêmes" rassemble sur 24 faces de disques les voix de Lucie Delarue-Mardrus, Maurice Donnay, René Fauchois, Paul Fort, Franc-Nohain, Paul Géraldy, Rosemonde Gérard, Pierre de Nolhac, François Porché, André Rivoire, Maurice Rostand et Miguel Zamacoïs récitant des fragments de leurs oeuvres. Un article publié en français dans The French Review, Vol. 4, No. 6 (May, 1931), pp. 461-466 offre une présentation de ces disques et propose un état des lieux de la diction du vers français et la déclamation en France, en considérant cet art comme étant alors dans une période de transition. Collection David Schmutz.
Texte du contenu :Sonnet pour Hélène - Béatrice - L'échafaud de Marie-Antoinette (extraits de "Poèmes de France et d'Italie")


Sonnet pour Hélène :

Lorsque Ronsard vieilli vit pâlir son flambeau
Et connut le néant des gloires passagères,
Il voulut échapper aux amours mensongères
Et d'une chaste fleur couronner son tombeau.

Il fit don de sa muse et de son cœur nouveau
À la jeune vertu d'Hélène de Surgères,
Il confia ce nom à des rimes légères
Et son dernier amour ne fut pas le moins beau.

Ils se plaisaient ensemble à fuir les Tuileries
Et devisaient d'amour sur les routes fleuries,
D'amour, honneur des noms qu'il sauve de périr.

Le poète songeait, triste qu'elle fût belle
Alors qu'il était vieux et qu'il allait mourir ;
Mais elle, souriait, se sachant immortelle.

- - -


Béatrice :

Si la Béatrice incertaine
Qui venait, des fleurs à la main
S’est assise sur ton chemin
Fut-ce un jour, fut-ce une heure à peine ;

Si tu respiras son haleine,
Faite de rose et de jasmin,
Tu peux mourir le lendemain
Et sans regret : ton âme est pleine.

La joie humaine et la douleur
N’ont plus rien à dire à ton cœur,
D’autres cœurs chercheront l' ivresse

Et la souffrance que contient
L'abîme profond des tendresses ;
Le tien sait tout : il se souvient.

- - -


L'échafaud de Marie-Antoinette :

Sur le chemin funèbre, ô reine, où ton pied glisse
Nulle fange du moins ne l’a plus effleuré
Hélas ! bien que tes yeux aient déjà tant pleuré,
Il faut encor que l'œuvre horrible s'accomplisse

Il faut que la victime épuise le calice
Que les crimes d'autrui pour elle ont préparé.
Quel mal lointain s'expie en ton cœur/corps déchiré !
Quelles mains ont dressé les bois de ton supplice !

Mais ton âme héroïque et royale a grandi
Sous l'insulte jetée et le glaive brandi :
L’échafaud d’un prestige immortel t'a parée ;

Le bourreau qui te frappe a proclamé tes droits.
Et nous te saluons, tête pâle et sacrée,
Ô fleur sanglante éclose au vieux jardin des rois !



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