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Titre :Monte-Carlo (extrait de "Autour du Chat Noir")
Compositeur(s) et-ou auteur(s) :Maurice Donnay
Interprète(s) :Maurice Donnay
Genre :Diction : poème
Fichier audio :
Photo(s) :
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Support d'enregistrement :Disque
Format :30 cm aiguille (enregistrement acoustique)
Marque de fabrique, label :Pathé
Numéro de catalogue :X9082
Numéro de matrice :N201744-B1
Date de l'enregistrement :1929-06-xx
Instruments :Déclamation, diction, monologue
Vitesse (tours/minute) :78
Matériel employé au transfert :Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar duo declickle, dehiss
Date du transfert :28-02-2024
Commentaires :Texte du contenu ci-joint. Gravée d'avril à juin 1929 et publiée par Pathé au printemps 1930, cette "Anthologie des poètes français contemporains dits par eux mêmes" rassemble sur 24 faces de disques les voix de Lucie Delarue-Mardrus, Maurice Donnay, René Fauchois, Paul Fort, Franc-Nohain, Paul Géraldy, Rosemonde Gérard, Pierre de Nolhac, François Porché, André Rivoire, Maurice Rostand et Miguel Zamacoïs récitant des fragments de leurs oeuvres. Un article publié en français dans The French Review, Vol. 4, No. 6 (May, 1931), pp. 461-466 offre une présentation de ces disques et propose un état des lieux de la diction du vers français et la déclamation en France, en considérant cet art comme étant alors dans une période de transition. Collection David Schmutz.
Texte du contenu :Monte-Carlo (extrait de "Autour du Chat Noir")


À Monte-Carlo, ce soir-là,
Ayant vu fondre ma fortune
Sur la terrasse, au clair de la
Toujours rafraîchissante lune
Je me promenais, et voilà
Qu'un vieil homme horriblement pâle
Dont les yeux clairs semblaient d'opale
Dont la voix grave était un râle
Et tel le spectre de Banco
Me dit dans la nuit violette :
C'est le prince de Monaco
Le seul qui gagne à la roulette.

Un soir, j'étais alors croupier
Une que l'on nommait Thérèse
Sous la table me fit du pied ;
J’ai sept fois amené le treize
Pour elle, et l’on m'a mis à pied.
Or depuis, au joueur qui rôde
Autour des tapis d’émeraude
Du prince ennemi de la fraude,
Je dis : Tu paieras ton écot.
Tu perdras toute ta galette,
C’est le prince de Monaco
Le seul qui gagne à la roulette.

Car, naïfs sont les plus malins
Dès qu’ils sont entrés dans les salles ;
Arrose les numéros pleins,
Les douzaines, les transversales,
Ou, combien alors je te plains !
Les infaillibles martingales
Sur les chances dites égales.
La banque, hélas ! en ses fringales
Ressemble à la brune Marco,
L’insatiable gigolette ;
C’est le prince de Monaco
Le seul qui gagne à la roulette.

Les fétiches préconisés
Tels que trèfle à quadruple feuille,
Griffes de tigre, sous percés,
Ou la mandragore qu’on cueille
Sur la tombe des trépassés,
Ou le béryl ou la verveine
Ne conjureront la déveine ;
Toute précaution est vaine,
Aurais-tu même un vrai chicot
De Swedenborg comme amulette ;
C’est le prince de Monaco
Le seul qui gagne à la roulette.

Ah ! j’en ai vu des plus calés
Venus avec la forte somme
Gagner d'abord, puis, emballés,
Perdre, reperdre, Dieu sait comme !
Bien nettoyés s'en sont en allés ;
Toutes ces fortunes faillies
Ont fait des cervelles jaillies.
Ce sont là légères saillies
Qu’on ne lit jamais dans l’Écho
Du Littoral, feuille incomplète.
C’est le prince de Monaco
Le seul qui gagne à la roulette.



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