| Texte du contenu : | La puissance industrielle des usine Renault
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs... Exemple unique dans l'industrie automobile, les usines Renault, les plus puissantes et les plus complètes de l'Europe entière pour tout ce qui touche au moteur à explosion, sont aussi une firme doyenne créée au siècle dernier par un des pionniers de l'automobile et dont l'histoire résume tout entière celle de ce mode de transport. 1898, dans la serre d'un petit jardin de banlieue à Billancourt, un tout jeune homme, Louis Renault, assisté de six collaborateurs, construit de toutes pièces sa première voiture dans laquelle se trouvaient déjà résumées toutes les caractéristiques de l'automobile moderne. Deux ans se passent. C'est l'époque des grandes courses sur route, duels où s'affrontent les coureurs des marques les plus réputées : Paris-Rambouillet, Paris-Bordeaux, Paris-Madrid, Paris-Vienne, autant de grandes épreuves, autant de victoires pour Renault qui entre-temps crée notamment la prise directe et la transmission par cardan. En 1904, la superficie de l'usine est déjà de 14.000 mètres carrés, ses effectifs de 700 ouvriers. En 1905, voici les premières automobiles deux places, des deux cylindres Renault qui allaient devenir pendant la guerre les glorieux taxis de la Marne. Voici en 1907 les premiers autobus, tous des Renault. Voici les débuts de l'aviation où les moteurs Renault montés sur appareils Farman notamment, se couvrent de gloire. En 1914, Renault couvre 131.000 mètres carrés et emploie 6.300 ouvriers. C'est la guerre. Renault s'équipe pour la défense nationale. Rapidement il devient l'un des plus gros producteurs de canons, d'avions, de munitions de toutes natures. Il contribue puissamment à la victoire finale en créant les fameux chars d'assaut lancés sur le champ de bataille en 1918. Les années passent. L'usine grandit toujours. Tout autour de la cellule initiale, de la petite serre de Billancourt, la direction des usines Renault acquiert des terrains toujours plus nombreux. Renault c'est aujourd'hui pour le seul groupe de Billancourt 15.000 machines-outils, 32.000 ouvriers c'est à dire l'effectif d'un corps d'armée d'avant-guerre et 100 hectares, un million de mètres carrés, superficie supérieure à celle de la majorité des préfectures françaises et de grandes villes comme Chartres. Au centre de cet immense domaine s'élève dans une île de la Seine 70.000 mètres carrés d'ateliers qui abritent sur une longueur de 300 mètres et une hauteur de cinq étages pour certains d'entre eux les chaînes de montage les plus modernes d'Europe. C'est l'île Seguin, autrefois une bande de terre au ras des flots de la Seine, surélevée de six mètres pour la mettre à l'abri des inondations grâce à l’apport d'un demi-million de mètres cubes de terre. Deux ponts privés construits par les usines Renault et sur lesquels passe une voie ferrée, deux passages pour automobiles et deux trottoirs pour piétons unissent l'île Seguin au groupe central d'usines et au chemin de fer. À l'île Seguin où se trouvent groupées les chaînes de montage des usines Renault, il n'entre que des organes séparés, des tôles non émaillées et non peintes, des ferrures, du bois. Il en sort des voitures équipées prêtes à rouler munies de tous leurs accessoires et qui sont acheminées soit à la livraison pour être remises à la clientèle, soit montées sur wagons pour expédition. Des appontements spéciaux permettent également l'embarquement des voitures directement de l'île Segin dans les bateaux de la flotte particulière des usines. Contrairement à tant d'autres usines automobiles qui, faisant fabriquer à l'extérieur un certain nombre d'éléments, ne sont en réalité que des usines de montage, Renault n'achète au dehors que les matières premières qui lui sont nécessaires : du bois, du charbon, du fer. Cette méthode lui permet d'assurer un contrôle efficace et constant dès les premiers stades de la production et d'offrir à sa clientèle des matériels d'une qualité invariable. Renault c'est l'usine indépendante à tout point de vue, la seule apte à diminuer au maximum son prix de revient par la suppression des bénéfices intermédiaires. C'est à ce titre que Renault possède ses propres centrales électriques de 70.000 chevaux fournissant la force et la lumière à tout le groupe de Billancourt, ses ateliers spéciaux pour la production du gaz et de l'oxygène et, à Saint-Michel-de-Maurienne en Savoie, son usine hydro-électrique pour les alliages et métaux spéciaux. Renault fabrique lui-même jusqu'aux ressorts de ses coussins, jusqu'à l'appareillage électrique de ses voitures, jusqu'aux pièces les plus intimes de tous les matériels qu'il construit. Renault constitue une ensemble industriel unique en Europe. Tous ceux qui ont visité les grandes usines de Billancourt ont emporté de leur visite une impression de puissance, d'ordre, de méthode et de qualité. Venez vous aussi visiter les usines de Billancourt avec leurs 15.000 machines-outils dont certaines dépassent en valeur un million de francs, leurs forges gigantesques, leurs batteries de marteaux-pilons qui atteignent jusqu'à dix tonnes, leurs fonderies travaillant à la chaîne et spécialisées pour chaque métal employé dans la construction automobile. Venez voir les immenses presses à emboutir qui transforment en une seule fois et à froid des tôles brutes en pièces achevées dans leur forme définitive sous une pression de 1.200.000 kilos. Venez voir enfin le montage d'une voiture à l'île Seguin effectué en moins de trois heures. Venez effectuer une randonnée rapide à travers cette ville industrielle en pleine activité et vous comprendrez les garanties uniques que Renault, grâce à sa puissance et à son organisation, est susceptible de vous offrir pour sa gamme complète et variée de voitures, de camions, de tracteurs et de moteurs.
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