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| Titre : | Voyage de Louis Armstrong et Mezz Mezzrow de New-York à Paris, pour le festival de Jazz de Nice (1948) dialogues et commentaires avec Roger Goupillières | |||||||
| Interprète(s) : | Roger Goupillières ; Louis Armstrong ; Milton Mezz-Mezzrow ; Velma Middleton | |||||||
| Fichier audio : | ||||||||
| Photo(s) : | ||||||||
| Support d'enregistrement : | Disque | |||||||
| Format : | 30 cm aiguille (enregistrement électrique) | |||||||
| Lieu d'enregistrement : | Paris, France | |||||||
| Marque de fabrique, label : | Pyral Radiodiffusion Française | |||||||
| Date de l'enregistrement : | 1948-02-21 | |||||||
| Vitesse (tours/minute) : | 78 | |||||||
| Matériel employé au transfert : | Stanton 150, pointe 5,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe Westrex, Cedar duo declickle | |||||||
| Date du transfert : | 06-10-2024 | |||||||
| Commentaires : | Texte du contenu ci-joint. - 20 février 1948 : Roger Goupillières à New-York, il communique depuis la station de radio WQO avec l'avion Constellation Air France F-BAZJ, qui conduit Louis Armstrong et Mezz Mezzrow de New-York à Paris, pour le festival de Jazz de Nice, le premier festival de jazz au monde qui se déroula du 22 au 28 février 1948. Il parle avec Mlle Guillot, hôtesse de l'air, puis avec Mezz Mezzrow, puis avec Louis Armstrong. Le premier concert, la première jam session radiodiffusée à bord d'un avion. [à 00:09:20]: - 21 février 1948, reportage de Michel Droit à Orly où vient de se poser l'avion qui amène de New York Louis Armstrong, Mezz Mezzrow et leurs musiciens. Louis Armstrong vient de se poser à Orly, accueil en musique par l'orchestre d'Aimé Barelli. "It's a pleasure to be back" Armstrong n'était pas venu depuis 1934. [à 00:10:20]: La suite du reportage se déroule dans la salle des douanes où se trouvent aussi la chanteuse de l'orchestre Velma Middleton, le clarinettiste Barney Bigart, le pianiste Earl HINES et le tromboniste Jack Teagarden. [à 00:11:05] - interview en anglais de Louis Armstrong (traduite par Michel Droit) : le trompettiste salue son ami Hugues Panassié et tous les autres qu'il est ravi de revoir ; il est venu plusieurs fois en France ; rires. - Louis Armstrong chante quelques paroles de "Flat foot floogie" - interview de Milton Mezz Mezzrow qui dit quelques mots en anglais et chante lui aussi. - interview de Velma Middleton qui chante quelques paroles. Le premier de ces deux reportages, celui de Roger Goupillières, ne figure pas au catalogue de l'Inathèque, voir : https://catalogue.ina.fr/doc/TV-RADIO/PH_PHD85004898/arrivee-a-orly-de-louis-armstrong-et-mezz-mezzrow? | |||||||
| Texte du contenu : | 21 février 1948, voyage de Louis Armstrong et Mezz Mezzrow de New-York à Paris, pour le festival de Jazz de Nice - 1er concert en vol de l'histoire, dialogues et commentaires avec Roger Goupillières
- Allô la France, allô la Radiodiffusion Française. Allô la France, allô la Radiodiffusion Française. Ici Roger Goupillières qui vous parle de New York. Je suis dans la station de radio américaine WQO située vers le bas de la ville à proximité de Wall Street. J'espère pouvoir dans quelques instants vous mettre en liaison directe avec un avion qui, en ce moment, fait route vers la France. Cet avion est une Constellation d'Air France et porte le nom de Comet Paris. Il a à bord deux orchestres de jazz et leurs animateurs Louis Armstrong et Milton Mezzrow. Ces deux maîtres du jazz et leurs boys, comme on dit couramment, se rendent à Nice pour participer au festival de jazz organisé par la ville de Nice avec le concours de la Radiodiffusion Française. Cet avion d'Air France a déjà quitté LaGuardia, un des aéroports de New York et situé dans les environs de Long Island. Je ne sais où cet appareil se trouve actuellement. Ce matin, il a piqué haut dans le ciel dans la direction Nord-Est. Rapidement il s'est confondu avec l'immensité malgré ses dimensions imposantes. Vu de près, il est immense : 38 mètres d'envergure, 29 mètres de longueur et d'un poids de 45 tonnes. En quelques minutes il s'est échappé aux regards. Dans la lumière du soleil il brilla un court instant d'un vif éclat puis l'atmosphère l'absorba complètement. La distance qui nous sépare de lui est très grande et dans cette immensité sans mesure, il est petit, extrêmement minuscule. Cependant je vais essayer de vous mettre en liaison avec lui, de le retrouver, de l'atteindre par radio. J'espère qu'il entendra les appels que je vais faire maintenant. Allô allô F-BAZJ, allô F-BAZJ, ici Roger Goupillières à WQO qui appelle F-BAZJ, allô F-BAZJ, ici WQO qui appelle F-BAZJ. Allô F-BAZJ, vous nous entendez-vous ? À vous. - Allô WQO, allô WQO, ici avion F-BAZJ, avion d'Air France F-BAZJ. Je vous reçois assez fortement, je vous reçois assez fortement dans de bonnes conditions. À vous. - Allô F-BAZJ, je voudrais parler au chef radio Falloux. À vous, Falloux. - Allô Roger Goupillières, c'est Falloux qui est au micro actuellement. Est-ce que la qualité de mon émission est bonne, est-ce que la qualité de mon émission est bonne ? À vous. - Je vous entends assez bien, je crois qu'elle est parfaite pour la distance qui nous sépare. [...] probablement Pierre Viré qui est au micro, je vous entends, Pierre Viré, je suis très heureux de vous entendre. À vous, Pierre Viré. - Moi aussi, Monsieur Goupillières, j'aurais aimé vous rencontrer mais enfin puisque les circonstances sont telles, je vais vous raconter ce que je vois dans ma cabine. Avant cela je vous dirai que j'ai commencé à voler il y a 23 ans sur la ligne Oran-Alicante. Nous étions à ce moment-là un pilote et un radio, le radio était généralement enfoui sous des sacs de poste tandis qu'aujourd'hui je suis debout dans une véritable cabine de paquebot volant. J'ai autour de moi deux orchestres célèbres, ils ont déjà sorti leurs instruments et ils sont... ils ont l'air vraiment enragés pour débuter. Je vais, je vais appeler l'hôtesse, l'hôtesse qui va vous présenter les deux chefs d'orchestre, mister Armstrong and mister Mezzrow. Je pense que nous allons même pouvoir danser un peu et vos auditeurs pourront assister de loin ou plutôt pourront entendre les échos de ce petit bal aérien qui, je crois, sera, se produira pour la première fois dans les annales du transport aérien. Mais je vais appeler l'hôtesse. Une minute, monsieur. - Ici Roger Goupillières qui vous parle de New York. Ce sera en effet la première fois au monde qu'un orchestre aura donné un concert, aura fait danser les passagers à bord d'un avion au-dessus de l'Atlantique. À vous Air France - Mademoiselle Guillaux, mademoiselle Guillaux, voulez-vous parler à monsieur Goupillières qui se trouve à New York ? - Allô ? - Allô, mademoiselle Guillaux, je suis très heureux de faire votre connaissance, toujours à distance. Je regrette de ne pas avoir le plaisir de vous voir mais pour vous saluer je ne puis que m'incliner devant le micro. À vous, mademoiselle - Monsieur, je suis très contente moi aussi d'entendre votre voix. Je suis ravie d'être à bord du Constellation Air France et je vais vous présenter monsieur Mezzrow, chef d'orchestre qui va sur Paris et sur Nice. Je vous le passe. À vous. - J'attends donc Milton Mezzrow. Allô, Milton Mezzrow, m'entendez-vous, do you hear me, Milton?... Allô, Milton, allô Milton Mezzrow, this is Goupillières speaking, allô, Milton, do you hear me, Milton? Over, Milton - How are you, Roger? - I'm fine, Milton. How are you? How do you like it up there? - It's wonderful! - And are you learning French already? - Pardon ? - Are you learning French already? - Yes. Ask me a question - Comment trouvez-vous le voyage ? Est-ce que le voyage est agréable et vous plaît ? À vous, Milton - Oh ! très bien, merci - Avez-vous déjà bu du champagne ? - Oh ! the champagne magnifique ! - J'en suis très heureux, Milton. Voulez-vous me passer Louis Armstrong maintenant ? - Okay, .?. One minute, Roger, here comes Louis Amstrong - Allright, Milton [...] - Hello, Louis - Hello - This is Goupillières speaking. How do you like it up there? - I'm happy. Wonderful, wonderful - Well, how about giving some music ? People in France are waiting for hear you to hear you play some jazz. Will you please go ahead and play us some jazz session ? Please, go ahead Milton and Louis Armstrong. We're listening to you [...] - Here's Louis Armstrong speaking ....we will play some jazz right now [...] Ici Roger Goupillières à New York qui attend que Louis Armstrong et Mezzrow se fassent pour la première fois une jam session. Une jam session, c'est une musique de jazz improvisée, laissée tout à fait à la fantaisie des musiciens sur le moment. Je repasse à l'avion. [00:07:25 : la musique, jusqu'à 00:08:25] - Allô, allô, chef radio Falloux, allô, Radio Air France, ici Roger Goupillières. Je vous laisse continuer votre voyage en musique avec Louis Armstrong et Milton Mezzrow. Je suis certain qu'ils sauront vous distraire tous là-haut agréablement jusqu'à votre arrivée en France. Je tiens à remercier le commandant Bonnet ainsi que l'équipage et le personnel technique d'Air France pour l'aide que vous m'avez apportée à la préparation et à la réalisation de cette émission et qui a permis pour la première fois au monde de faire entendre un concert transmis directement d'un avion en vol au-dessus de l'océan. Ici Roger Goupillières qui vous a parlé de New York et qui vous retourne aux studios de Paris, à vous, Paris. [...] Le DC4 Air France qui amène de New York Louis Armstrong, Mezz Mezzrow et leurs musiciens vient de se poser sur l'aire de l'aérodrome d'Orly où il souffle un vent glacé. C'est ne véritable grappe humaine de journalistes, de cinéastes, de photographes qui a littéralement pris d'assaut l'appareil pour voir apparaître Louis Armstrong. Et au milieu de cette grappe humaine se trouve le trompette français Aimé Barelli qui avec son orchestre est venu accueillir le maître de Harlem et va le saluer tout à l'heure en musique dès qu'il sortira de la carlingue. La petite échelle vient d'être approchée de l'avion et voici Louis Armstrong ! [orchestre d'Aimé Barelli, quelques mesures] - Hello France, oh ! it's a pleasure to be back, just happy to be back after so many years, wonderful ! - How many years ago? - Oh it's been since 1935, it's been beautiful Vous avez évidemment reconnu la voix, la voix fameuse, la voix de chanteur de blues de Louis Armstrong. Mais tout à l'heure nous étions un peu bousculés près de l'appareil. Nous sommes maintenant plus au calme. Nous sommes dans la salle des douanes, dans la salle des douanes d'Orly où les musiciens sont en train d'accomplir les formalités d'usage. En plus d'ailleurs de Louis Armstrong et de Milton Mezz Mezzrow se trouvent là Helma Middletown, la chanteuse, Barney Bigard, le clarinettiste de Duke Ellington, Earl Hines, le pianiste, Jack Teagarden, le trombone et évidemment beaucoup d'autres grands maîtres du jazz. Mais je vais à nouveau m'approcher de Louis Armstrong, Louis Armstrong qui ne parle malheureusement pas le français mais à qui je vais demander de vous dire néanmoins quelques mots en anglais. - Louis Armstrong, would you be kind enough to tell a few words to our listeners, the French listeners? - I juste wanna say it's always a pleasure, and I, I saw Mr Panassié in America, we talked about this about 2 years ago and i should come back at the end cause I had a lot of friends and at the time I had Mr Reinhardt, Michel Warlop, Campbell - You're crazy to see them ? - Oh I must see them. How much I must see them. Louis Armstrong vient d'adresser un salut à Hugues Panassié, le grand animateur du Hot Club de France et lui dire qu'il était très très heureux de retrouver ici en France Django Reinhardt, Michel Warlop, Stéphane Grapelli. - You know, you know France? Vous avez déjà été en France ? - I've been here three times, it's my third time - Maintenant je vais demander à Louis Armstrong d'être tout à fait gentil, de bien vouloir chanter quelque chose pour nous. Louis Armstrong, would you sing a few words of flat foot floogie again? - Hoo, flat foot floogie with a floy, floy, Flat foot floogie with a floy, floy, Flat foot floogie with a floy, floy... [...] - Thanks very much, Louis Armstrong, merci, Louis Armstrong. Et maintenant nous allons, si vous le voulez bien, nous tourner vers Milton Mezz Mezzrow et nous allons voir s'il est aussi bien disposé que Louis Armstrong pour nous chanter quelque chose, faute de pouvoir évidemment jouer de la clarinette puisque ses clarinettes sont encore dans ses bagages et que ses bagages sont soumis en ce moment à l'examen des douaniers. - Milton Mezz Mezzrow, est-ce que vous voulez bien, comme Louis Armstrong l'a fait si gentiment tout à l'heure, chanter quelque chose pour nos auditeurs ? - I don't know what to start to sing, and you said "Tammy Ladd" and that brings me to "Ain't gonna give nobody none of my jelly roll". And it goes sort of like this: "ain't gonna give nobody none of my jelly roll... ain't gonna give nobody none to save my soul, save my soul"... now you take it from here! Et maintenant, pour clore cet interview musical et chanté, pour le clore dignement, cet interview assez inédit, je crois, nous allons demander à la grande, grande chanteuse de Harlem Helma Middleton de fredonner quelque chose pour nous. - Will you, Helma Middleton? - I don't know really what to do. Just a couple of lines like "Blue skies smiling at me, nothing but blue skies do I see" That's all I can sing. - Oh thanks very much! - - - NB, parmi les erreurs et hésitations orales: - Helma = Velma. - L'avion est bien un Constellation, non pas un DC4, immatriculé F-BAZJ, et non S-BAZJ comme on croit entendre d'abord. |
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