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Titre :Leclerc - Histoire de la 2e D.B. - Novembre 42
Fichier audio :
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PhotoPhoto
Support d'enregistrement :Disque
Format :30 cm aiguille électrique
Lieu d'enregistrement :Paris, France
Marque de fabrique, label :Festival
Numéro de double-face :EX6
Numéro de catalogue :FS3-6-A
Numéro de matrice :PARTX7822
Inscriptions complémentaires :M6-120800
Date de l'enregistrement :1949-11-xx
Vitesse (tours/minute) :78
Matériel employé au transfert :Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure M44G, Elberg MD12 : courbe BSI, Cedar duo declickle, dehiss
Date du transfert :08-01-2025
Commentaires :Texte du contenu ci-joint. Collection Philippe Viet
Texte du contenu :Histoire de la 2e DB

1. Juin 40
[discours de Hitler ? + chants allemands]

[Général Pétain :]
Français, j'ai demandé à nos adversaires de mettre fin aux hostilités. J'ai pris cette décision dure au cœur d'un soldat parce que la situation militaire l'imposait. Nous espérions résister sur la ligne de la Somme et de l’Aisne. Pourtant la ligne a cédé et la pression ennemie a contraint nos troupes à la retraite. Dès le 13 juin, ...

[Charles de Gaulle :]
Quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ? L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront. Moi, Général de Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale. J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air à se réunir à moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.

Père ? Père, tu as entendu la radio ? - Non... tout à l'heure, oui - Je crois que je vais partir - Partir ? - La côte n'est pas loin, quatre-vingt kilomètres. Avec la moto, nous en avons pour deux heures. - Comment, nous ? - Oui, Guy en est aussi, Guy Merlin, le petit réfugié qui habite derrière l'église. À Saint-Jean-de-Luz, il y a des Polonais qui embarquent. Un de leurs bateaux part ce soir, on sera en Angleterre demain. Pour la moto, je la laisserai chez les Gatary à Saint-Jean. Tu pourras la récupérer. Ça ne... ah ! ça ne sera peut-être pas long. Enfin, faut espérer. - Jacques, tu es vraiment décidé ? - Oui - Alors il faut que tu partes vite - Très vite.


2. Les premiers Français libres
And do they all arrive like this ? - Le colonel demande s'ils arrivent tous de la même façon. - Certains étaient sur place ici en Angleterre depuis Narvic ou Dunkerque. D'autres viennent de différentes régions de France - What does he say? - He says that some of them , Sir, have been there since Narvic and Dunkerque - Oh ! it's ..?.. - Beaucoup sont des jeunes qui n'ont jamais fait de service militaire. Ils arrivent par petits groupes sur des barques de pêche, sur des yachts de plaisance ou mêlés aux alliés sur les transports de troupes - Well some of them, he says, are too young to have done the military service. Merci, mon capitaine.
Vous avez des nouveaux ce matin ? - Quelques-uns, oui. Vous voulez voir le détail ? - S'il vous plaît,oui - Moreau Eugène, lieutenant au deuxième spahi, Volvert Alexandre, capitaine au deuxième cuirassier - Hauteclocque Philippe, chef du troisième bureau de la quatrième D.I., ancien instructeur à Saint-Cyr, ancien élève à l'école de guerre - Oui - prisonnier en mai, évadé, prisonnier blessé le 12 juin, évadé, arrivé en Angleterre le 25 juillet, route suivie : traversée de l'Espagne - Intéressant. Marié ? - Mmm, marié, six enfants. - Eh bien !... pseudonyme ? - Leclerc - Savez-vous s'il a vu le général ? - Oui, ce matin même. Il est même question, paraît-il, d'un poste très important pour lui. - Ici ? - Non, plus loin

Carnet de route : Douala, décembre 1940. Enfin ça y est. L'Afrique. Il faut toujours faire le point sur un papier. Même quand on vit une aventure aussi incroyable. D'abord il y a eu cette arrivée à Plymouth, nos guenilles et cette impression de vide après le départ. Et puis le camp de Delville, ce premier morceau de la France Libre qui ne contenait que 800 habitants. Il y a eu Delville et de Gaulle et les Anglais, ces gens de tous les milieux qui nous ont accueillis, hébergés, rassurés avec les mêmes mots que leur Churchill à la radio, ces gens qui ont encore confiance en nous, malgré tout.

C'est moi, Churchill, qui vous parle. Cette nuit, je m'adresse à vous dans tous vos foyers, partout où le sort vous a conduits et je répète la prière qui entourait vos louis d'or "Dieu protège la France". Dormez bien, rassemblez vos forces pour l'aube, car l'aube viendra, elle se lèvera brillante pour les braves, douce pour les fidèles qui auront souffert, glorieuse sur les tombeaux des héros. Vive la France ! Et vive aussi le soulèvement des braves gens de tous les pays qui cherchent leur patrimoine perdu et marchent vers les temps meilleurs.


3. De Londres à Douala
Et puis ça a été le départ. Le long voyage du Westerland vers l'Afrique, vers Dakar. Mais cela, il vaut mieux ne pas trop en parler. Douala. On était un peu dégonflés en débarquant ici il y a trois mois et puis voilà, tout s'est arrangé malgré le climat et l'éloignement. Les copains, l'entraînement, l'accueil très chic que nous ont fait les Français d'ici qui ont rallié Leclerc, tout ça finit par faire une vie que l'on dirait presque normale. Demain, manœuvres avec tir réel.
[... Halte au feu !]
Ah ! vous savez, les enfants, ici nous ne sommes pas à Londres, hein. Si vous n'êtes pas décidés à accepter un entraînement intensif, jamais vous ne pourrez tenir le coup avec ce climat - Mon commandant... - Hein ? - Mon commandant... - Qu'est-ce qu'il y a ? - Le lieutenant Corvier - Quoi, Corvier ! où est-il ? - Ben, je suis là - Alors, toujours en pleine forme ? - Et toi, tu fais l'instruction des recrues maintenant. Tu n'as pas honte ? à ton âge, oh ! oh ! - Ah ! tu y étais, veinard. - Où ça ? -
À Koufra, tiens - Oui, j'en arrive - Ça a dû être magnifique - Oh ! les marches dans le désert, ça n'est jamais très facile mais tu sais, vieux, nous avons un chef, un vrai. Tiens, tu pourras leur lire ça à tes recrues, ça leur donnera une petite idée du métier - Qu'est-ce que c'est ? - Des statistiques - Prise de Koufra par les Italiens : 1931. Effectif, 7000 chameaux, 300 camions, 30 avions, 3000 hommes de troupe. Prise de Coufra par le colonel Leclerc : 1941. Effectif, 89 véhicules, 100 Européens, 250 combattants indigènes, 1 canon... - Oui mais, on le déplaçait, ça faisait croire qu'il y en avait plusieurs - Ah ! c'est fou, ça. Et Leclerc ? - Ah ! Leclerc... Tu sais que j'aime pas les grands mots mais avec lui... Quand il nous a réunis dans le sable et qu'on a monté le drapeau, il a juré de ne pas s'arrêter tant que ce même drapeau ne flotterait pas sur Metz et sur Strasbourg. Strasbourg...

On y est ! Merlin ! vous êtes tous deux désignés pour le Tchad avec le lieutenant Corvier. Le bateau part demain à l'aube. Nous nous retrouverons d'ailleurs sûrement là-bas. Je suis nommé à Fort-Lamy


4. La brousse : Fort-Lamy
- Dis donc, Macias, mets donc un peu de bois dans le feu. Il fait une humidité ici.

- C'est la chose la plus belle de toute la colonie que cette remontée du Chari. Ça fait dix ou douze fois que je vois ça et chaque fois je suis pris. - Si y avait pas de moustiques, ça serait le paradis - Oh ! ne faites pas trop la fine bouche. Une nuit sur le sable dans ce décor-là, c'est encore ce qui se fait de mieux. - Vous n'êtes pas dans les villes, vous, d'habitude, mon lieutenant. - Ah non ! Moi, j'ai un petit poste dans un village, tout seul, là dedans avec les Noirs. Il y a beaucoup à faire par ici. Seulement il faut y aller voir soi-même. Comme le patron, tenez. Ah ! il faudrait tout de même songer un peu à dormir, hein. Votre copain, il a pas attendu qu'on lui fasse signe. Quel âge a-t-il ? - Dix-neuf ans et demi - Et vous ? - Vingt. - Mmm. Et c'est pas trop dur ? - Oh ! on n'en parle jamais. C'est un accord entre nous - Mmm, ne pas parler, oui. Ça n'empêche rien. Y a des jours, y a des jours où j'ai envie, moi, d'en parler, oh ! pas par sentimentalité, non, comme un beau bouquin de souvenirs qu'on feuillette. C'est très beau l'Indre-et-Loire, vous savez. Bonsoir. C'est... c'est Jacques que vous vous appelez ? - Oui, mon lieutenant - Bonsoir.

Ah ! soyez les bienvenus à Fort-Lamy ! Eh ben, comment ça va, les enfants ? - Bien, merci, mon commandant - Bonjour, vieux - Comment ça va, toi, blédard - Le patron est ici ? - Oui oui oui - Alors, il paraît que c'est toi l'homme des renforts - Oui, le dispatcher en chef, une colonne par-ci, une colonne par-là - Toujours sur les arrières en somme - Eh ben, si tu crois que ça m'amuse - Alors, tu nous garde combien de temps ? - Oh ! trois ou quatre jours, le temps de vous reposer un peu et puis je vous envoie Sur Faya - Mmm mmm, petite excursion dans les sables. - Tout juste !


5. Le désert
Ici c'est Moussoro, c'est là qu'était installé le commandant. Il était ingénieur des eaux et forêts dans le civil. Koro Toro - Oh ! on dirait un décor de cinéma - Ben oui, à cause du petit fortin blanc. Et là, en face, le désert.

31 décembre 41. Nous avons fait tout de même 160 kilomètres dans notre journée malgré les ressorts cassés, les ensablages, les 300 litres d'eau et les 200 litres d'essence à transporter dans les voitures. Je finirai ça demain, il fait trop froid - Tiens, bois un coup de gin, ça te réchauffera. - D'eau ! quelle libéralité ! - Ben, c'est le jour de l'an.
Alerte ! Allez, vite, les gars ! Les Italiens !

Colonel Leclerc à lieutenant Corvier - stop - Poste italien de Vigh-el-Kébir occupé par commandant Dio - stop - rentrez immédiatement à Zouar - Stop, terminé.

Vous avez tous pigé, oui ? Ce que veut le patron, c'est que nous fassions une diversion sur Gahouel (?). Il a besoin de ça pour foutre les Italiens à la porte de Tédjiré (?). Il n'est pas question de prendre Gahouel, c'est un poste beaucoup trop fort pour nos 13 voitures. Ah ! il faut seulement leur faire peur. Alors apprêtez-vous à faire les terribles.

Mon lieutenant, la deuxième patrouille est bloquée, la voiture de l'aspirant est en rade - Pas le temps de s'arrêter, on a rendez-vous à 16h précises. Foncez le plus possible, c'est la seule façon d'éviter de s'ensabler.

Le poste - Ça a l'air tranquille - Oui... trop tranquille. Oh ! il est bien placé, leur fort. - T'as vu les mitrailleuses ? et là chaque tour d'angle ? - Hé, toi, Tournay, viens avec moi, on va essayer de filer jusqu'aux sacs de sable qui sont à l'entrée. Toi, Merlin, et toi, Mathieu, même chose mais de l'autre côté de la colline. Rendez-vous en haut.... Alors ? - Rien - La porte est ouverte. Décidément, on nous attendait. Qu'est-ce que tu viens foutre là, toi ? - Je suis venu avec le fusil mitrailleur si vous avez besoin - Bon, ben, colle-toi à la porte. Le premier qui se montre, tire. Allons-y !

Ah ! ah ! c'était un spectacle énorme ! c'était le 28 février, le jour de la paie, on les a tous trouvés en train de faire la queue devant le bureau du chef de poste, sans armes ! En cinq minutes c'était réglé.


6. Novembre 1942
Ici Londres. Entre le 24 février et le 15 mars, au cours d'engagements de harcèlement par les Forces Françaises Libres placées sous le commandement du général Leclerc contre les postes italiens du Fezzan, 7 postes ennemis ont été occupés et incendiés, de nombreux prisonniers ont été faits, une grande quantité d'armes est tombée entre nos mains.

Mes compliments, mon capitaine. Bravo, mon capitaine - J'espère qu'on va arroser votre nouveau galon - Ah ! et vous resterez longtemps avec nous - Ah ! deux conditions difficiles à remplir. Enfin, on va déjà s'occuper de la première, hein.

8 novembre 1942. Après 9 mois passés ici à Faya à refaire le matériel et à arroser la troisième ficelle de notre Lieutenant.. - Mon capitaine ! mon capitaine ! - Quoi ? - Vite, la radio. Venez. - Alors ? - Ils viennent de dire que les Américains avaient débarqué en Afrique du Nord - Qu'est-ce que c'est que ce poste ? - New York sûrement - Nous recevons le président des États-Unis d'Amérique, monsieur Franklin Delano Roosevelt : "Mes amis, mes amis qui souffrent jour et nuit sous le joug accablant des nazis, je vous parle comme celui qui en 1918 était en France. J'ai conservé toute ma vie une amitié profonde pour le peuple français. IL n'existe pas deux nations plus unies par les liens de l'histoire et de l'amitié mutuelle que le peuple de la France et des États-Unis d'Amérique. Nous arrivons parmi vous seulement pour écraser et pour anéantir vos ennemis. N'encombrez pas, je vous prie, ce grand dessein. Rendez-vous concours où vous pouvez, mes amis et nous verrons revenir les jours glorieux quand la liberté et la paix régneront de nouveau dans le monde. Vive la France éternelle !

Cette fois, c'est le grand départ. Il ne s'agit plus d'opérations de harcèlement. Nous partons toujours par petits groupes vers l'Afrique du Nord, vers la méditerranée.

7. Troisième Noël d'Afrique
Minuit, chrétiens, c'est l'heure solennelle où l'Homme-Dieu... - Tu répètes ? - Oui, le capitaine veut que je la chante à minuit - Mais il prétend tout de même pas que tu as une belle voix, ça va être beau... - Mon capitaine ? - Ah ! Tournier, prenez une voiture et deux mitrailleurs. Navré de vous faire manquer ça mais c'est votre tour de corvée d'eau. Le puits est à 8 kilomètres, vous en avez pour toute la nuit - Eh ben, je me ferai une raison, mon capitaine. - Attention, une voiture ! - Vous en faites pas, vous en faites pas ! - Tiens, Thibault - Le groupe .?. est par ici ? - Ben, tu vois - Tu viens faire ton eau aussi ? - C'est mon tour - Alors c'est le grand coup ? - Paraît - Tu crois que ça avance ? - On verra bien - Dis donc, il est près de minuit, on va pas laisser passer ça comme ça. T'as rien à manger, toi ? - Je crois pas - J'ai juste une boîte de pêches en conserve. On se l'ouvre ? - Tu veux ? - Évidemment ça vaut pas un réveillon chez Maxim - J'ai jamais réveillonné chez Maxim - Moi non plus - Ben alors - C'est pas mauvais - Mmm, c'est trop sucré, ça donne soif

[Sanctus, sanctus, sanctus in excelsis...]
Qu'est-ce que c'est ? - La messe de minuit à Londres - Mais alors, et mon Minuit, chrétiens, quand est-ce qu'on le chante ? - Ah ! l'année prochaine - Oh ben, ch... ! -

40, 41, 42, troisième Noël d'Afrique, de sable.

Le fort italien de Mourzouq a capitulé devant les forces du général Leclerc. 700 prisonniers, 40 canons, 16 chars, le Fezzan est entre nos mains. Les forces françaises ont fait hier leur entrée à Tripoli.

La mer ! - Eh ben, tu vois, c'est au bout.


Hé, Corvier, Corvier, arrête ! - Hé, hé, eh ben, où t'as mis ta barbe ? - Hé, hé, partie, mon vieux, avec le premier coiffeur. - T'es au Grand Hôtel toi aussi ? - Hé, y paraît. J'y suis pas encore passé. C'est bien ? - Oh ! extraordinaire, mon vieux, y a des salles de bain - Non ? - Si si - Et... et la France ? Tu as des nouvelles ? - Tu parles ! drôles de nouvelles.


8. La campagne de Tunisie
La Radiodiffusion Nationale vous parle.
[N.D.R. : Le président Laval s'adresse particulièrement aux ouvriers français. Il leur demande de collaborer par leur travail à l’œuvre allemande de construction européenne]
Je veux vous parler avec simplicité et avec une grande franchise. Le chancelier Hitler, et je l'en remercie, vient de décider la libération d'un nombre important de prisonniers agriculteurs qui pourront revenir en France dès votre arrivée en Allemagne. Les hommes de nos champs et ceux de nos usines vont sentir leur fraternité. La femme qui verra son mari revenir éprouvera une émotion pleine de reconnaissance pour les inconnus qui, en s’en allant librement là-bas, auront fait rentrer nos prisonniers ici. C’étaient les soldats, pendant la guerre, qui exposaient leur vie pour protéger le labeur des ouvriers. Aujourd’hui, par une de ces péripéties émouvantes qu'amènent les grands drames, ce sont les ouvriers qui peuvent rendre aux combattants le bien qu'ils ont reçu d'eux. C'est la relève qui commence.

On repart avec la huitième armée. 8 mars 1943. Installés sur la terre tunisienne face à l'Afrika Korps de Rommel, nous tenons depuis 25 jours déjà la région de Ksar Ghilane - Alerte ! - Qu'est-ce qu'il y a ? - Des blindés face à nous. C'est sûrement des Boches - Ben, y a l'air d'y en avoir une jolie série. Prévenez l'artillerie et l'aviation. L'ordre est de tenir, c'est pas compliqué. - Par la droite ! Feu ! - Allô... Achtung... Herr Kommandant !... Batterie, chargez !... Batterie !... -
Général Leclerc à Général Montgomery. Nous avons été attaqués par un fort détachement blindé allemand. L'ennemi est en retraite vers le nord et n'a jamais pu pénétrer dans nos positions.

La Radiodiffusion Nationale vous parle.
[Philippe Henriot]
Le gouvernement vient de prendre une nouvelle mesure pour poursuivre ces patriotes à la manque, ces déserteurs qui mettent leur égoïsme à l'abri de leur altière intransigeance. Qu'il fasse poser la question que je dis et qu'on nous communique le pourcentage des gaullistes et des anglophiles dans ce gibier qui n'est encore que de tribunal spécial et dont on voudrait que sans tarder il devint de potence. Et la preuve sera faite que les affameurs des petites gens, les ventres dorés du marché noir, se recrutent dans le même camps que les réfractaires, les déserteurs et les dissidents. Alors on pourra dire aux Français de bon sens un moment égarés : "Vous avez applaudi les dissidents, encouragé les déserteurs, aidé les réfractaires. Êtes-vous pour les affameurs ? car nous vous avertissons qu'on ne peut défendre les uns sans approuver les autres. La plupart du temps, ce sont les mêmes."

Aujourd'hui, 1014ème jour de la lutte du peuple français pour sa libération. Les troupes du général Leclerc sont entrées dans Gabès


9. Formation de la 2e D.B.
[N.D.R. : Jean Hérold-Paquis à l'occasion de l'anniversaire du débarquement anglo-américain en Afrique]
Une libération alors, cette prison nord-africaine, mais une libération de quoi ? Sur cette terre, sur cette terre-là, l'Angleterre de monsieur Churchill a promené l'inintelligente majesté, le lamentable benêt, héritier de dix siècles d'une histoire où il n'y a que des cocus et du sang, de l'argent et des drames, de la pourriture et du vol, du satanisme et de l'alcool ! Nous disons aux Français que la guerre commence aujourd'hui contre l'ennemi du dedans et qu'elle se fera en armes, côte à côte avec ceux de la Wehrmacht à laquelle il serait tout de même par trop déshonorant pour nous de lui confier, chez nous, en France, un rôle de gendarme intérieur après lui avoir demandé déjà de nous protéger contre un assaut des ennemis de l'extérieur. Alors, qu'on ne s'étonne pas de nous entendre proclamer au peuple de Paris qui fut tout de même révolutionnaire et qui finira bien par s'en souvenir que nous ferons nous-mêmes notre révolution et que nous reprendrons à notre compte si cela est nécessaire le vieux cri qui a jeté des armées aux frontières de la France : "Citoyens, votre patrie est en danger !"

Ici Radio France. Nous vous parlons d'Alger. Aujourd'hui 8 mai 1943 les Forces Françaises Libres sont entrées dans Tunis. La capitulation des armes de l'Axe en Afrique du Nord est consommée.
(... de la marquise nous étions quatre-vingt chasseurs. Au rendez-vous de la marquise nous étions quatre-vingt chasseurs. Quatre-vingt, quatre-vingt, quatre-vingt chasseurs. Quatre-vingt, quatre-vingt, quatre-vingt chasseurs. Et qui n'avaient pas peur !)
Témara, Maroc, janvier 44. Une nouvelle année qui commence et la vie continue avec ses espoirs,
(On part ! on part ! - Où ça ? - En Italie) ses déceptions, (Ah ! c'est pas nous, c'est la première armée qui embarque). La colonne du Tchad est devenue la 2e D.B. C'est maintenant une unité moderne équipée d'un matériel impeccable fourni par les Américains. (Feu !)
Commandant ! - Qu'est-ce qu'il y a ? - Une histoire avec les marins, mon commandant - Aïe, aïe, grave ? - Non, seulement ça fait un peu trop de bruit - Oh ! ben allez, viens - Alors, non, y a pas moyen de vous conduire comme des honnêtes gens ? Ah ! vous serez toujours des gosses. Mais si le patron savait ça, je vous jure qu'il serait fier de vous ! Pouah ! vous mériteriez bien que je vous annonce pas la nouvelle - Quelle nouvelle, mon commandant ? - Le départ, bande d'idiots ! demain, pour l'Angleterre !


10. L'Angleterre
On revient. Cette fois, ça y est ! L'Angleterre ! Les camions, les jeeps, les half-tracks, les chars roulent sur les routes anglaises et c'est partout le même accueil, les mêmes acclamations, les mêmes attentions - Et aussi le même thé ! - Eh ben, moi je cale - Oh ! caler sur des beefsteaks et des pommes-frites, on n'aura jamais vu ça chez les Français.

Nous avons une belle fanfare, n'est-ce pas à Ipswich - Ah ! excellente, oui, elle est vraiment excellente - Oui, oui, oui, on dit souvent c'est la meilleure de la région - C'est bien possible, oui - On peut toujours aligner la dernière société de musique, jamais ils ne pourront rivaliser avec ici - Non ? - Déjà en 1903 nous avons... - Voilà le capitaine embarqué avec le père Smith. Eh ben, mon vieux, il n'a pas fini alors - Moi, le père Smith, ça m'est égal mais il a une fille, ah ! mon Dieu - Ah ! oui, ça c'est très vrai - Hello, Dolly - Hello, Guy - Avez-vous pensé à ce que je vous ai dit hier, Dolly ? - Hier ? Oh ! vous ne serez jamais sérieux, Guy ! - Oh mais si, je suis très sérieux au contraire car voyez-vous, Dolly, jamais je ne pourrai oublier que... - Hello, Bob ! Guy, je vous présente Bob Hart de la R.A.F., mon fiancé - Je suis absolument ravi, monsieur. - Alors, joli cœur, ça n'a pas rendu ? - Ah ! tu peux être sûr que si j'avais voulu - Oh oui, oh !
Dis donc, toi, il faudrait que tu te débrouilles dans ta section. .?. il doit bien y avoir quelques amateurs. - Oh ! non, non, je l'ai promis au maire. Ils veulent organiser une fête en notre honneur. Alors les enfants des écoles viendront, la salle sera pavoisée. [La Marseillaise] - Jacques, Jacques ! - Qu'est-ce qu'il y a, Dolly ? - Regardez le journal ! - Oui, et alors ? - Le débarquement ! - Nom de...! Oh ! les gars ! les gars ! les gars ! - Ils auraient quand même ou nous attendre

[Général de Gaulle à la B.B.C.]
La bataille suprême est engagée. Après tant de combats, de fureur, de douleur, voici venu le choc décisif, le choc tant espéré? Bien entendu, c'est la bataille de France et c'est la bataille de la France !

Ici Londres. Voici notre premier bulletin d'information. Sur le front occidental où les troupes américaines du général Patton maintiennent leur pression sur les unités allemandes, de nombreuses opérations aériennes ont été menées à bien dans la journée d'hier par les escadrilles américaines. Des nœuds de communication ennemis ont été attaqués dans la région parisienne. (Mais qu'est-ce qu'on fout là ?) Les opérations entreprises dans la région d'Avranches se développent suivant un cours favorable. Cependant on observe un certain raidissement dans la défense allemande. (Ça n'avance pas ! - Patience - Attendre, toujours attendre, pff, on ne sait faire que ça ! - Branle-bas ! tous à 6 heures demain ! - C'est pas le ...? - Je crois que si)


11. La France
Et ici le dialogue s'arrête... parce qu'ils ne disaient plus rien, parce qu'il regardaient simplement monter face à eux cette ligne sombre qui était la côte et que cette côte était la France.

Ici Genève, la situation internationale. Voici l'exposé de monsieur René Payot. "Mesdames, messieurs, dans le panorama dramatique de la guerre, les images de France ont pris au cours de la semaine écoulée un relief saisissant. Le désir de la jeune armée française rééquipée par les soins des anglo-saxons est maintenant réalisé. Cependant qu'une division blindée dirigée par le général Leclerc a débarqué en Normandie, des effectifs dont on ignore encore le nombre ont pris pied sur le littoral méditerranéen."

Ici Londres. Les Français parlent aux Français. Honneur et Patrie, écoutez André Gillois. Ce soir, je vais vous lire une dépêche que nous recevons de Pierre Bourdan : "Nous sommes sur une hauteur dominant une ville fameuse, fameuse parce qu'aujourd'hui comme en 40 elle est un point clé, un des points où l'étau allié tend à se refermer sur les divisions encerclées. Autour de moi les chars qui paraissent attendre le nouveau bond vers l'ennemi ce sont des chars français, croix de Lorraine sur une carte peinte en blanc. Depuis huit jours leur avance a été aussi foudroyante que leur déplacement le long des côtes du Cotentin jusqu'au cœur de la France avait été soudain. En deux jours et demi de déplacement, toute la division blindée avec son matériel énorme avait franchi 250 kilomètres. En 4 ou 5 jours de combats, elle a atteint puis dépassé de plus de 20 kilomètres tous ses objectifs, écrasant sur sa route des formations ennemies prises de vitesse, prenant Alençon dans sa foulée, faisant des prisonniers en si grand nombre qu'on ne sait plus comment les emmener. C'est la division du général Leclerc." Leclerc. Leclerc a pris Alençon tout seul avec deux sections d'infanterie. Ses premiers chars suivaient aussi vite qu'ils le pouvaient mais Leclerc les avait gagnés de vitesse. Sa canne noueuse et légendaire avait frayé le chemin des colonnes blindées.
Août 40, Leclerc, le premier sans doute des prisonniers évadés rallie de Gaulle à Londres. Sa canne déjà trace de grands dessins sur le sable d'un parc de la capitale britannique. Un soir, il vient vous parler, sa voix coupante dit : Il y a quelques jours, un officier allemand m'a toisé du haut en bas et m'a promis la fin prochaine de ma patrie. Son regard, je ne l'oublierai pas.
Août 1944, la même canne tenue par la même main trace de grands dessins sur la terre natale. Derrière elle il n'y a plus quelques centaines d'hommes comme à Koufra, quelques milliers d'hommes comme au cours de l'épopée du Tchad. Pour avoir été ferme et droite, pour avoir été tout ensemble impatiente et si patiente, la canne de Leclerc aujourd'hui fraye à toute une armée le chemin de Paris tant il est vrai que les plus intraitables sont aussi les plus raisonnables et qui n'est pour ternir celui de la force d'autre éclat que celui de la pureté.


12. S'emparer de Paris
La division est maintenant à la pointe extrême d'une des principales avances alliées. Hier soir, 21 août, le général Leclerc est rentré au Verger de Fleury où est installé son P.C. Des pommiers, un coin de campagne étonnamment calme dans le soir. La jeep à peine arrêtée, l'ordre a été transmis à tous les groupements : Mouvement immédiat sur Paris

Quelle flotte ! - Oui - À ton avis, on arrivera quand ? - Je sais pas, moi - Une cigarette ? - Non merci - Tu penses vraiment que cette fois-ci c'est sûr ? - (Allô, tous, ralentissez. Allô, tous, ralentissez. Ralentissez !) - Stop ! - (Stop ! Stop ! Stop !) - Qu'est-ce qu'il se passe ? - Il paraît que le groupement Gueybaud (?) s'est heurté à une forte résistance - Où ça ? - À la sortie de Rambouillet, je crois - Alors, qu'est-ce qu'on fait ? - On attend - Ah !...

Encore une nuit, la 1518ème, Paris... - Du côté de la préfecture - Quatre jours que ça dure - Il paraît qu'ils sont à Rambouillet - Derrière toutes les façades, derrière tous les volets fermés, il y avait des gens comme cela qui veillaient, qui guettaient et qui depuis des jours et des nuits attendaient et espéraient


13. Paris
Écoute...
[général de Gaulle]
Nous sommes ici, nous sommes ici chez nous dans Paris levé, debout pour se libérer et qui a su le faire de ses propres moyens.Non, nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes, nous le sentons tous, qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Paris ! Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré, libéré par lui-mêmes, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la vraie France, de la France éternelle.

Guy - Ben quoi, Guy ? - En arrivant place de la Concorde - Un éclat ? - Une mitrailleuse qui tirait du ministère de la Marine - Y a rien eu à faire ? - Ben non, y a rien eu à faire ! une balle dans la tête, vous avez déjà vu faire quelque chose, vous ? - Écoute, mon vieux, c'est pas la peine de t'énerver, ça n'avance à rien - Oh ! évidemment, vous, vous en foutez, un type de plus ou de moins, un point, c'est tout, un numéro de matricule accolé à un autre, qu'est-ce que ça peut vous faire à vous ? Il venait de téléphoner à sa famille, il était chez lui, vous comprenez ça ? chez lui et ça faisait quatre ans qu'il en parlait, qu'il y pensait tous les jours et tous ces imbéciles qui criaient autour de nous ! - Corvier ! mon Dieu ! Corvier ! comment ça va ? - Mal - Hein ? - J'ai eu un gars de descendu place de la Concorde. - Oh, zut ! Qui ? - Le petit Merlin - Merlin... un ancien, ça - Oui, 22 ans, et on le trimballait depuis le début. - Oui... oui, oui, je me souviens avoir fait son instruction à Douala, un gentil garçon - Oui - Ah ! encore un équipage à reconstituer. Mais ça fait pas mal de trous, toutes ces histoires-là. Ah! c'est pas tout, ça, viens boire un pot, va, le premier à Paris depuis, hé, ma foi, depuis au moins dix ans pour nous, oui - Ma foi... allez, viens - Ah ! je me demande si on pourra jamais faire croire tout ça aux types d'Afrique - Hum ? - Qu'en penses-tu ?


14. Hiver 44
On repart. L'été de Paris et le sourire des filles, l'odeur des vieilles rues où l'on est déjà un peu chez soi, tout cela va s'effacer encore pour faire place à de nouvelles images, à de nouvelles routes.
- Vous repartez, les Leclerc ? Pourtant maintenant ça y est... - Allô, allô, allô, ici Aubervilliers. Les chars allemands reviennent. Dépêchez-vous, les chars allemands reviennent, oui - Ils n'ont pas fait long feu, les chars d'Aubervilliers, ceux du Bourget non plus, une simple question de croix. Et maintenant c'est à nouveau la route, les étendues plates de la Champagne, les vallonnements de l'Aube et les conseils des gars du maquis sortis des forêts de Meuse. - Contrexéville, Remiremont, d'après ce qu'on sait, les Boches y sont bien accrochés - La route, la route du nord-ouest d’Épinal, celle qui va vers Dompaire. Cette route a un bruit mais (?) des fumées, des chars et des explosions des torpilles - Allô, allô, ..?.., allô, allô, ..?.., allô, ..?... La route, la route et les accrochages et partout en premier plan toujours la même silhouette kaki, la même canne pointée vers le même point de l'horizon. La Moselle et la pitoyable cohorte des prisonniers boches descendus sur les routes à Dandeleau (?) et l'écrasement des deux Panzer Brigades de monsieur von Manteuffel. La Meurthe et les énormes ponts des gars du Génie établis sous un feu d'enfer qui dure toute la nuit. La Vezouze et la route brusquement interrompue. La vie de secteur qui commence. - Cornélis - Mon capitaine ? - De garde aux chars cette nuit - La vie de secteur où l'on parle parce qu'on a le temps tout d'un coup pour la première fois depuis longtemps de l'autre vie - Alors ? Paris ? - On dit que c'est plus pareil. Ils ont repris leur travail, leurs occupations - Hum, hum - Qu'est-ce qu'il est devenu, le commandant, l'ancien forestier de Moussereau (?) ? - Tué devant Nomexy - Ah ! - Et pendant ce temps-là on envoie des carrés de laine aux gars du front de l'Atlantique.


15. Strasbourg
La route, elle est reprise maintenant et elle file, elle déroule ses boqueteaux et ses bornes. Baccara et ce vin d'honneur dans le décor fragile de la cristallerie servi dans le service plus fragile encore taillé et ciselé pour Goering. La route, elle est là toute droite, toute nette qui va vers la flèche entrevue le jour de la première victoire dans les sables de Koufra. Strasbourg !
[Te Deum]
Et puis l'histoire a continué encore pendant des mois. Les mêmes scènes se sont répétées, les mêmes phrases ont été redites par d'autres voix car beaucoup s'étaient tues qui les premières dans les sables du Tchad avaient parlé pour la première fois de la colonne Leclerc. L'histoire a continué, les combats ont succédé aux combats, les victoires aux victoires. Royan, l'Allemagne, et cette gigantesque revanche de 40, Berchtesgaden et le serment de Koufra dépassé par la force même qui l'avait forgé. Et maintenant il faut abandonner les voix anonymes qui vous ont parlé jusqu'ici sous leurs noms d'emprunt, il faut rayer de cette histoire les Corvier, les Jacques, les Louis et les Lucien pour qu'elles deviennent seulement de l'Histoire ! Il faut que tous les bruits cessent, que toutes les musiques s'éteignent et qu'il ne reste plus qu'une voix, La Voix : Général Leclerc


16. Discours de Leclerc
Officiers, sous-officiers et soldats de la 2e Division blindée, il y a une semaine environ nous nous recueillions ensemble en pensant à nos morts, il y a quelques jours, j’avais l'honneur de défiler à votre tête dans ce Paris que nous avons libéré. Aujourd’hui, je viens vous faire mes adieux. L'esprit qui anima cette division depuis sa formation fut la recherche, en toutes circonstances, du travail, du combat, le plus utile aux intérêts supérieurs de la France. Pourquoi, il y a deux ans. n'avons-nous pas hésité à prendre dans cette division, à y grouper des hommes d’origines et d’opinions les plus variées ? Parce que nous savions que la France ne se relèvera que par une large union de tous les Français. Pourquoi avons-nous, ensemble, franchi les Vosges et repris Strasbourg ? Parce qu’il était nécessaire, pour effacer 1940, que l'armée française rentre victorieuse dans Strasbourg. Ce n’est pas le désir du combat, la passion de la gloire à tout prix qui nous a guidés, c’est, encore une fois, la recherche, en toutes circonstances, de l’intérêt supérieur français. Nous avons vaincu avec vous, c'est bien, mais si nous avons réussi à vous convaincre de cette nécessité du patriotisme, c'est encore beaucoup mieux. Demain, dans toutes les fonctions que vous remplirez, vous continuerez dans le même sens, dans le sens dans lequel vous avez travaillé ici. Je vous quitte, mais je ne quitterai pas l’insigne de votre division, je le conserverai.,ce sera ma plus belle décoration. Quand vous sentirez votre énergie fléchir, rappelez-vous Koufra, Alençon, Paris, Strasbourg. Retrouvez vos camarades, recherchez vos chefs et continuez en répandant dans le pays le patriotisme qui a fait notre force.
[Ce n'est qu'un au revoir]

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