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Titre :Divers cylindres : Gabin, Bruant, Esther Lekain, Yvette Guilbert, Anna Judic, Anna Thibaud
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Support d'enregistrement :Bande magnétique
Format :Bande magnétique 6,25 sur noyau AGFA
Marque de fabrique, label :M6
Vitesse (tours/minute) :19cm-seconde
Matériel employé au transfert :Revox PR99=>Tascam HD-P2
Date du transfert :10-03-2025
Commentaires :Texte du contenu ci-joint. Bande magnétique confiée par Jean Cocart à Lionel Risler puis François Bellair
Texte du contenu :Divers cylindres : Gabin, Bruant, Esther Lekain, Yvette Guilbert, Anna Judic, Anna Thibaud

On entendra successivement ces 22 contenus (textes ci-après):

-Dum, dum, dum, chanté par Gabin de la Cigale
-Cinq minutes à l'Armée du Salut, interprété par Gabin de la Cigale
-Discours de la maréchale Bouze
-La légende du roi Gambrinus, chanté par Gabin pour la compagnie des phonographes Columbia de Paris et New York
-Le pauvre ouverrier, chanté par Gabin pour la compagnie des phonographes Columbia de Paris et New York

-En revenant de la revue, chanté par Gabin pour la compagnie des phonographes Columbia de Paris et New York
-La levrette de la marquise, chanté par Gabin pour la compagnie des phonographes Columbia de Paris et New York
-Au bois de Boulogne, chanson d'Aristide Bruant interprétée spécialement pour les grands magasins du Louvre
-Petite Tonkinoise, chanté par Esther Lekain, Record Edison
-Comment ça commence, chanté par Esther Lekain, Record Edison
-Le fiacre, créé et chanté par Yvette Guilbert
-Les demoiselles à marier, chanté par madame Yvette Guilbert
-Ça fait toujours plaisir,chanté par Yvette Guilbert
-Ne m' chatouillez pas, chanté par Anne Judic
-Anna Thibaud - Rose d'amour
-Ah ! qu'on est bien, chanté par Esther Lekain, Record Edison
-Le p'tit cochon, chanté par Yvette Guilbert
-Les petits vernis, chanté et créé par Yvette Guilbert
-Lettre au marquis, chanté par Esther Lekain à la maison Pathé-Frères
-L'amour malin, chanté par Esther Lekain chez Pathé-Frères
-La pavane, chanté par Esther Lekain chez Pathé-Frères
-La pavane, chanté par Esther Lekain, Record Edison

- - -

Dum, dum, dum, chanté par Gabin de la Cigale

Quand les Anglais vont à La Haye
Pour parler du désarmement
Et que tous les peuples essaient
De se tuer moins cruellement
Eux cherchent une nouvelle invention
Pour faire la pacification

{Refrain :}
Dum, dum, dum
Dum, dum, dum
Voilà le refrain des Englishs
Allright, plum pudding, va t' faire fiche
Dum, dum, dum
Dum, dum, dum
Ils fabriquent des balles plus fines
Qui blessent moins mais vous assassinent
God save the Queen


Quand les Anglais vont en voyage
Et qu'ils montent dans un wagon
Pour faire leur petit roupillage
Ils s' mettent en ch'mise et en chaussons
Et si l'on s' plaint du mauvais air
Ils vous montrent leur revolver

{Refrain :}
Dum, dum, dum
Dum, dum, dum
Voilà le refrain des Englishs
Allright, plum pudding, va t' faire fiche
Dum, dum, dum
Dum, dum, dum
Ils ont l' droit avec leurs tartines
D'écraser les pieds d' leurs voisines
God save the Queen

Quand les Anglais vont en Afrique
Pour civiliser les boers
Ils ont des boys magnifiques
Qui ne manquent pas de revers
Car bien qu'étant dix contre trois
Ils se rendent deux mille z'à la fois

{Refrain :}
Dum, dum, dum
Dum, dum, dum
Voilà le refrain des Englishs
Allright, plum pudding, va t' faire fiche
Dum, dum, dum
Dum, dum, dum
Et c'est la faute à Chamberlain'
S'ils se font casser la bobine
God save the Queen


Cinq minutes à l'Armée du Salut, interprété par Gabin de la Cigale

Je flânais l'autre soir sur le boul'vard. Ne sachant que faire, je suis entré à l'Armée du Salut. Voici ce que j'ai entendu. D'abord le discours du capitaine O'Kellkuit :
Mes frères, mes sœurs, j'espère que si vous avez pénétré dans cette enceinte... Pardon, madame, je parle pas de vous, je parle de la salle .. j'espère que si vous êtes pénétré ici, je suppose que c'est pour louer le Seigneur. Eh bien, nous allons louer le Seigneur. Mais comme nous louons également le salle, je vous demanderai le permission de commencer à faire une petite collecte car si nous sommes en règle avec le Seigneur, nous ne sommes pas en règle avec le propriétaire. Pendant que le Seigneur il nous envoie ses bénédictions, le propriétaire, lui, nous envoie du papier timbré. Pendant que nous essayons de toucher les cœurs, le propriétaire il ne pense qu'à toucher son loyer, le cochon. Comme vous voyez, mes amis, nous nageons plutôt dans le dèche que dans l'opulence. Nous n'avons pas les moyens d'avoir un agent de police dans la salle comme dans les théâtres ni même une suisse comme dans les églises. Chez nous, pas d'argent, pas d' suisse. Pendant le petite collecte, nous allons chanter le psaume 68. C'est la quatrième page du journal En arrière
Ta la la bon whisky
Ta la la bon soda
Ta la la bon brandy
Hip hip hourra
Alleluia

Discours de la maréchale Bouze :
Mes frères, mes sœurs, mes amis, je suis venue exprès à Paris pour essayer de faire entrer un peu de foi dans votre cœur, pour tâcher de vous inculquer l'amour du Créateur qu'il est si bon, si grand, si haut, si plénipotentiaire. Je voudrais que vous vous sauviez tous. Non ! non, restez, je veux dire que vous sauviez votre âme. Soyez salutistes, mes frères, mes sœurs et vous verrez combien vous serez heureux, combien vous sentirez votre âme, votre cœur, vos viscères, vos entrailles se remplir de paix. [bruit de pet] Les salutistes ont toujours été très nombreux, même dans l'Antiquité la plus reculée, ils pullulaient. Ainsi Napoléon 1er il était salutiste, Adam il était salutiste, sa mère aussi et, tenez, ce vieux monsieur qui est mort depuis quelque temps, Abraham, il était salutiste, son fils Isaac aussi. Oh, je sais très bien ce que vous allez m' dire, Isaac il avait pas une bonne réputation, c'était un vaurien, un chenapan, il faisait la noce, il était connu comme le houblon dans tous les restaurants de nuit, tous les music-halls et tous les bouis-bouis de Jérusalem. Ça c'est rien. Eh bien, mes frères, mes sœurs, faites pas comme lui, vous avez deux carrières ouvertes devant vous, le mauvaise et le bonne. Eh bien, laissez de côté la mauvaise mais embrassez la bonne. Oh ! shocking ! qu'est-ce que je dis ! Faites pas attention. Amen


La légende du roi Gambrinus, chanté par Gabin pour la compagnie des phonographes Columbia de Paris et New York

Il était un roi bon vivant
Comme on n'en voit plus maintenant
Souverain, dit une légende,
D'un coin de la terre allemande
Il se trouvait bien à l'étroit
Dans ce domaine fantastique
Mais son budget bien chimérique
Il était heureux comme un roi

{Refrain :}
Qu'un autre vénère
L'antique Bacchus
Moi, je lui préfère
Le roi Gambrinus
Qui fait, dans mon verre
Mousser la blonde bière
Mousser, mousser, mousser, mousser, mousser la blonde bière !

Jamais en guerre il n'est allé
Et ne s'en est que mieux trouvé
Il préférait à la victoire
Aimer et chanter, rire et boire
Il n'a laissé code ni lois
La bière suffit à sa gloire
Les rois heureux n'ont pas d'histoire
C'était le plus heureux des rois !

{au Refrain}


Le pauvre ouverrier, chanté par Gabin pour la compagnie des phonographes Columbia de Paris et New York :

Quand j' pense qu'y a des gens dans la richesse
Qui restent dans leur lit
Jusqu'à près de midi
Tandis qu' de pauvres ouverriers en détresse
Sont déjà d'puis l’matin
Debout chez le chand d' vin !
Moi, brave citoyen
Ça me tue d' faire rien :
Foi d'Ugène
J'ai pas d' veine…
En gros, en détail
J'adore le travail
J' resterais un jour entier
À r'garder travailler

{Refrain :}
Je suis un pauvre ouverrerier
Qui cherche toujours à travailler
Mais, par un singulier hasard
J'arrive, hélas ! toujours trop tard
Toujours trop tard

J'ai travaillé dans des maisons huppées
Chez de grands confiseurs
À des métiers flatteurs
Je suçais les pralines qu'étaient manquées
Pour ravoir proprement
Les amandes qu'étaient d'dans
J'ai massé dans les peaux
J'ai fait dans les chapeaux
Dans la plume
Et l' costume
J'ai fait dans le bois
J'ai fait dans les anchois
Enfin, bref, peu ou prou
J'ai fait un peu partout

{au Refrain}


En revenant de la revue, chanté par Gabin pour la compagnie des phonographes Columbia de Paris et New York

Je suis l' chef d'une joyeuse famille,
Depuis longtemps j'avais fait l' projet
D'emmener ma femme, ma sœur, ma fille
Voir la revue du Quatorze Juillet.
Après avoir cassé la croûte,
En chœur nous nous sommes mis en route
Les femmes avaient pris le devant,
Moi j' donnais le bras à belle-maman.
Chacun devait emporter
De quoi pouvoir boulotter,
D'abord moi je portais les pruneaux,
Ma femme portait deux jambonneaux,
Ma belle-mère comme fricot,
Avait une tête de veau,
Ma fille son chocolat,
Et ma sœur deux œufs sur le plat.

{Refrain :}
Gais et contents
Nous marchions triomphants
En allant à Longchamp
Le cœur à l’aise
Sans hésiter
Car nous allions fêter
Voir et complimenter
L’armée française

Bientôt de Longchamp on foule la pelouse,
Nous commençons par nous installer,
Puis, je débouche les douze litres à douze,
Et l'on se met à saucissonner.
Tout à coup on crie "Vive la France !"
Crédié, c'est la revue qui commence
Je grimpe sur un marronnier en fleur,
Et ma femme sur le dos d'un facteur
Ma sœur qu'aime les pompiers
Acclame ces fiers troupiers,
Ma tendre épouse bat des mains
Quand défilent les saint-cyriens,
Ma belle-mère pousse des cris,
En reluquant les spahis,
Moi, je faisais qu'admirer
Notre brave général Boulanger.

{Refrain :}
Gais et contents
Nous étions triomphants
En r'venant de Longchamp
Le cœur à l’aise
Sans hésiter
Nous voulions acclamer
Voir et complimenter
L’armée française

La levrette de la marquise, chanté par Gabin pour la compagnie des phonographes Columbia de Paris et New York

La marquise de Pontcassé
Par inadvertance a laissé
Sa petite levrette, un amour !-
Descendre seule dans la cour
Oh ! Comme le printemps sourit
Met des turlutaines dans l'esprit
Mirza n'est pas fâchée du tout
D'être abordée par un toutou

Il la salue d'élégante manière
D'abord par devant, ensuite par derrière
L'œil enflammé du petit céladon
Dit clairement "Viens donc, viens donc, viens donc !"
"Mais, répond, tremblante Mirza
Où ça ? Où ça ? Où ça ?"
"Ne prenez pas ces airs craintifs
Y a rien d' tel pour les bons motifs
Que les sportifs"

Attirée par un cri d' terreur
La marquise accourt ; quelle horreur !
Sa levrette au museau pointu
Signait la cession d' sa vertu
Des chiens avaient fui, mais tout seul
Restait un superbe épagneul
Donnant à sa belle en c' moment
Une preuve de tendre sentiment

La noble dame, transportée de colère
Frappait par devant, frappait par derrière
La pauvre Mirza dont l'œil de pleurs noyé
Disait "Pitié, pitié, pitié, pitié !"
Et l'épagneul, de son côté pensait, très embêté
"J' donnerais bien deux sous et même mieux
Pour être de quelques minutes plus vieux
Ah, mes aïeux !"

La marquise pour empêcher
Désormais Mirza de pécher
Consulta son bon confesseur
Un saint homme, mais un vieux farceur
Et tous deux dans le recueillement
À force de chercher patiemment
Trouvèrent un moyen très osé
Qui stupéfia monsieur Lauzé

À la levrette ils mirent deux muselières
Une par devant, l'autre par derrière
Et depuis lors les chiens, devant Mirza
Disent, intrigués "Qu'est-ce qu' ça ? Qu'est-ce qu' ça ? Qu'est-ce qu' ça ?
C'est un phénomène épatant !
Voyons, voyons pourtant…"
Mais bientôt l' toutou consterné
Au seuil de l'Éden condamné
Se casse le nez !


Au bois de Boulogne, chanson d'Aristide Bruant interprétée spécialement pour les grands magasins du Louvre

Holà holà holà ! v'là deux gigolos qui veulent rentrer là , ils arrivent du bois d' Boulogne, faut les engueuler et dur, hein ! Allons-y, mon vieux

Oh ! la la ! c'tte gueule, c'tte binette !
Oh ! la la ! c'tte gueule qu'il a !
Oh ! la la ! c'tte gueule, c'tte binette !
Oh ! la la ! c'tte gueule qu'il a !

Non mais, r'gardez-moi donc les deux marmites qu'ils ont avec eux, ah ! oh ! oh ! - Oh ! les sales poires, mon vieux ! oh oh ! - Eh ben, qu'est-ce que vous voulez que j' vous dégoise, voyons, nom de Dieu ! - Au bois d' Boulogne ! - Allez, c'est bon, ah ! allez, la musique !


Quand on cherche une femme à Paris,
Maint'nant, même en y mettant l' prix,
On n' rencontre plus qu' des débris
Ou d' la carogne
Mais pour trouver c' qu'on a besoin,
Il existe encore un bon coin,
C'est au bout d' Paris… pas ben loin :
Au bois d' Boulogne.

Aïe donc, nom de Dieu, tas d' tire-au-cul, un peu de nerfs ou j' ferme ma boîte, moi, hein - Oh !mais ...?... ta boîte, tu n'ouvres pas la gueule, dis donc, Bruant - Hé, tu l'ouvres assez pour les autres ! Veux-tu fermer ça, t'es gris, va, ça pue, hé, cochon ! - Oh ! oh ! oh ! oh !

C'est un bois qu'est vraiment rupin :
Quand on veut faire un bon chopin,
On s'y fait traîner en sapin
Et sans vergogne,
On choisit tout le long du bois,
Car y a que d' la grenouille de choix !
Et y a même des gonzesses de rois !
Au bois d' Boulogne.

Y en a des tas, y en a d' partout :
De la Bourgogne et du Poitou,
De Nanterre et de Montretout,
Et d' la Gascogne
De Pantin, de Montmorency,
De là, d'où d'ailleurs et d'ici,
Et tout ça vient faire son persil
Au bois d' Boulogne.

Hé dis donc hé, Jules, oh ! non, y en a un qui m' pince qu'était à côté là - Oh ! ta gueule, la gonzesse ! t'auras une frite dans tes paires, je l' vois d'ici, va - Hé, Jules, fiche-lui donc ton poing sur la gueule ! - Oh ! oh ! oh ! oh ! - ...?..

Alors c'est l'heure des rendez-vous
Des purotins et des filous,
Et des escarpes et des marlous
Qu'ont pas d' besogne,
Et qui s'en vont, toujours par trois,
Derrière les vieux salauds d' bourgeois,
Leur faire le coup du père François
Au bois d' Boulogne.

Dis donc, hé, Jules, j' te dis que j' veux m'en aller ! - Au r'voir... la gonzesse !

Tous les clients sont des cochons
La faridondaine, la faridondaine
E surtout les ceusses qui s'en vont
La faridondaine, la faridondon

Bravo ! bravo ! bravo ! - Vive Bruant !


Petite Tonkinoise, chanté par Esther Lekain, Record Edison

Pour m' distraire
Sans manière
Au Tonkin je suis partie
Ah, quel beau pays, mesdames !
C'est le paradis des femmes
On les aime
À l'extrême
Je suis devnue la chérie
D'un petit homme du pays
Qui s'appelle Mélaoli

{Refrain :}
Celui pour qui je palpite
C'est un Ana, c'est un Ana, un Annamite
Il est d'une humeur charmante
C'est comme un oiseau qui chante
Il m'appelle sa p'tite bourgeoise
Sa Tonkiki, sa Tonkiki, sa Tonkinoise
Y en a d'autres qui m' font les doux yeux
Mais c'est lui que j' aime le mieux

Le soir on cause d'un tas d' choses
Avant d' nous coucher tous deux
J'apprends la géographie
D' la Chine et d' la Mandchourie
Les frontières, les rivières
Le Fleuve Jaune et le Fleuve Bleu
Y a même l'Amour, c'est curieux
Qu'arrose l'Empire du Milieu

{au Refrain}

Mais tout passe
Et tout casse
En France je dus rentrer
Il avait l' cœur plein d' tristesse
De quitter sa chère maîtresse
L’âme en peine
Sa petite reine
Se laissait accompagner
Mais avant de nous séparer
Il me dit, dans un baiser :

{Refrain :}
Ne pleure pas si je te quitte
Petite Anna, petite Anna, p'tite Annamite
Tu m'as donné ta jeunesse
Ton amour et tes caresses
Je t'app'lais ma petite bourgeoise
Ma Tonkiki, ma Tonkiki, ma Tonkinoise
Dans mon cœur j' garderai toujours
Le souv'nir de nos amours


Comment ça commence, chanté par Esther Lekain, Record Edison 22'20]

{Refrain :}
Ma chère, ça commence
Un soir de printemps
On sent d' l'impatience
Un besoin d' mouv'ment
C'est comme une lacune
Qu'on éprouve un soir
Puis dans la nuit brune
On r'garde la lune
Les yeux pleins d'espoir
L' portrait d'un jeune homme
S' dessine p'tit à p'tit
Et voilà en somme
Comment ça finit

On rencontre un joli garçon
Qui vous suit chaque jour dans la rue
Et l'on éprouve un p'tit frisson
Jusqu'à la .....?... .............?...........ue
Puis on s' passe un billet doux
On s'accorde, on fait route ensemble
Écoute-moi bien, mon p'tit cœur tremble
C'est c' qu'on dit au premier rendez-vous

{Refrain :}
Ma chère, on commence
Par bien s' tenir
Un peu d' résistance
Voulez-vous finir !
Mon honneur proteste
Faut pas y toucher
Un baiser, un geste
Pour avoir le reste
Va-t'en les r'chercher
Une vague inquiétude
Ou un noir ..?...
Et voilà d'habitude
Comment ça finit



Le fiacre, créé et chanté par Yvette Guilbert


Un fiacre allait, trottinant
Cahin, caha,
Hue, dia, hop là !
Un fiacre allait, trottinant
Jaune, avec un cocher blanc

Derrière les stores baissés
Cahin, caha,
Hue, dia, hop là !
Derrière les stores baissés
On entendait des baisers

Puis une voix disant "Léon !"
Cahin, caha,
Hue, dia, hop là !
Puis une voix disant "Léon !
Tu m' fais mal, ôte ton lorgnon !"

Un vieux monsieur qui passait
Cahin, caha,
Hue, dia, hop là !
Un vieux monsieur qui passait
S'écrie "Mais on dirait qu' c'est

Ma femme dont j'entends la voix
Cahin, caha,
Hue, dia, hop là !
Ma femme dont j'entends la voix"
Y s' lance su' l' pavé en bois

Mais y glisse su' l' sol mouillé
Cahin, caha,
Hue, dia, hop là !
Mais y glisse su' l' sol mouillé
Crac ! il est écrabouillé

Du fiacre une dame sort et dit
Cahin, caha,
Hue, dia, hop là !
Du fiacre une dame sort et dit :
"Chouette, Léon ! C'est mon mari !

Y a plus besoin d' nous cacher,
Cahin, caha,
Hue, dia, hop là !
Y a plus besoin d' nous cacher
Donne donc cent sous à c' cocher !"


Les demoiselles à marier, chanté par madame Yvette Guilbert

Auprès de leurs mamans dodues
Elles vont correctes et pointues
Avec des regards singuliers
Les demoiselles à marier
Quand un joli garçon les frôle
Elles ont, de la gorge à l’épaule
Un frémissement de jeune chat
Les demoiselles qu’on mariera
Et le soir, émues jusqu’à l’âme
Rêvant qu’on les appelle : Madame
Elles s’endorment, le regard mouillé
Les demoiselles à marier

Sur leur petite poitrine jolie
Mettent des corsets à forte saillie
Elles veulent qu’on leur croie des nénés
Les demoiselles à marier
Quand un monsieur les complimente
D’une façon discrète et galante
Elles pensent tout d’ suite : I' m'épousera
Les demoiselles qu’on mariera
Alors en-dessous l’œil papillote
Cherchant à voir sous sa redingote
S'il a des capitaux cachés
Les demoiselles à marier

Si quelque passant heurte une pierre
Tout auprès d’elle se fiche par terre
Elles croient : C'est pour voir mes mollets
Les demoiselles à marier
Et si passant devant une poste
Il lèche longtemps un timbre-poste
Elles disent : Le baiser, c’est pour moi
Les demoiselles qu’on mariera
Et si d’aventure, elles voient qu’il trotte
Vers un Hôtel du Chat-qui-pelote
Elles pensent : Ça, c’est pour me tenter
Les demoiselles à marier


Ça fait toujours plaisir,chanté par Yvette Guilbert

C'est la fille à ma tante
Pour qui j'ai de l'amour
Ah ! ah ! ah ! ah ! pour qui j'ai de l'amour
Cette jeune parente
Pour moi sent du retour
Ah ! ah ! ah ! ah ! pour moi sent du retour
Mais c'est la vertu même
Je ne puis réussir
Cependant elle m'aime
Ça fait toujours plaisir !
Ah ! ah ! ah ! ah ! ça fait toujours plaisir !
Ah ! ah ! ah ! ah ! ça fait toujours plaisir !

La nuit, souvent en rêve
Je vois ses charmes nus
Ah ! ah ! ah ! ah ! je vois ses charmes nus
J'imagine voir Ève !
Mes sens en sont émus
Ah ! ah ! ah ! ah ! mes sens en sont émus
Elle est là, doux mensonge
Et je crois la tenir
Bien que ce soit en songe
Ça fait toujours plaisir
Ah ! ah ! ah ! ah ! ça fait toujours plaisir !
Ah ! ah ! ah ! ah ! ça fait toujours plaisir !


Ne m' chatouillez pas, chanté par Anne Judic


Êtes-vous chatouilleux ? moi, je n' m'en cache point
Je suis chatouilleuse
Aussitôt qu' dix doigts me menacent de loin
Je ris comme une furieuse
Je me livre à des contorsions
Comme un diable dans l'eau bénite
J' tomberais dans des convulsions
Si je n' m'écriais tout d' suite

Assez !
Finissez !
J' vous en prie !
J' vous en supplie !
J'ai beau rire, ça m' fait mal
Ça m' fait mal !
Ne me chatouillez pas, ça m' fait mal
Mais j' vous assure, ça m' fait mal !

J' n'avais pas quatre ans -je m' le suis rappelé-
Ma mère tout heureuse
Roulait mon p'tit corps bien nu, bien potelé
Sous sa main joueuse
Je m' tordais comme un serpent
Mes p'tites jambes demandaient grâce
J' poussais d'abord des cris d' paon
Puis j' murmurais, de guerre lasse

Assez !
Finissez !
J' vous en prie, petite mère chérie
J'ai beau rire, c'est égal
Ça m' fait mal ! Ça m' fait mal !
Non, non, non, non, non
Ne m' chatouille pas, ça m' fait mal !
Oh ! non, maman, ça m' fait mal

En voyage, l'autre jour, j'eus un p'tit assaut
Je revenais d' Bruxelles
V'là qu'à la frontière on m'accuse tout haut
D' passer des dentelles
J' n'avais rien, j' m'empresse de nier
Et même, je permets qu'on m' fouille
Imprudente ! Monsieur l' douanier
Devinez-vous ? -Juste !- il m' chatouille

Assez !
Finissez !
J' vous en prie
J' vous en supplie
J'ai beau rire, c'est égal
Ça m' fait mal ! Oh, ça m' fait mal
Ne me chatouillez pas, ça m' fait mal, oh ! monsieur, ça m' fait mal !

---- [Anna Thibaud - Rose d'amour] -----------

J'ai cueilli l'amour
Au rosier d'amour
Fleur à peine éclose
Qu'empourprait le jour
Maint bleu papillon lui faisait la cour
J''ai cueilli la rose
Du rosier d'amour !

La fleur odorante
Sur mon cœur s'ouvrit ;
La rose enivrante
M'enchanta l'esprit
Et,comme un jardin mon âme fleurit.
La fleur odorante
Sur mon cœur s'ouvrit...

Soudain une abeille
M'a percé le cœur ;
La rose vermeille
Rit de ma douleur.
Par un jeu cruel m'a tué la fleur...
Soudain une abeille
M'a percé le cœur.

Mais l'amour embrase
Tout mon corps pâmé ;
Je meurs dans l'extase
D'un soir embaumé,
Heureux de mourir pour avoir aimé !...
Mais l'amour embrase
Tout mon corps pâmé.

J'ai cueilli la rose
Du rosier d'amour,
Fleur à peine éclose
Qu'empourprait le jour :
Maint bleu papillon lui faisait la cour
J'ai cueilli la rose
Du rosier d'amour !


Ah ! qu'on est bien, chanté par Esther Lekain, Record Edison

On s'était connus aux bains d' mer
Dans un tout petit trou pas cher
Et comme ça manquait d' distraction
On avait lié conversation
Un jour je l'avais invité
"Entrez donc chez moi prendre le thé
J' habite un joli p'tit chalet"
Et je m' souviens qu'il me disait :

"Ah, c' qu'on est bien, mad'moiselle
Ah, c' qu'on est bien chez vous"
J' lui dis "La mer est très belle
Mais l' pays n'est qu'un trou"
En souriant il murmure
"Quand on est amoureux
Oh, mad'moiselle, j' vous assure
Qu' c'est dans un p'tit trou qu'on est l' mieux !"

Il n'eut qu'un seul soir de bonheur
Quand je l'ai fait fléchir mon cœur
Y avait déjà pas mal de temps
Qu'il attendait ce doux instant
Tout son amour flamba soudain
Comme un feu d' paille et puis… plus rien
Et devant mon air étonné
Il murmurait pour me calmer

"Ah, c' qu'on est bien, mad'moiselle
Ah, c' qu'on est bien près d' vous
J'y rest'rais la vie entière"
Je lui réponds "C'est fou !
Pourquoi la vie tout entière ?
Vraiment, tu n'y penses pas
Tu fermes déjà les paupières
Et il n'y a qu' cinq minutes que t'es là"


Le p'tit cochon, chanté par Yvette Guilbert

Tout seul dans la cour d'une ferme
Vivait un joli p'tit cochon
Sans compagne, il s'embêtait ferme
Pas d' femme, ce n'est pas folichon
Cochon, cochon
S'embêtait le petit cochon

{Refrain :}
Il avait d' bons repas
Mais son cœur n'avait pas
Pour l'aimer, de Fanchon
Cochon, cochon
Oh ! le pauvre petit cochon !

Voici qu'un jour, jour d'allégresse
Une douce amie on lui donna
Gentille comme tout et pleine de graisse
Avec une voix d' prima donna
Cochon, cochon
Il ne fut pas si godichon

{Refrain :}
Chaque jour il l'embrassa
D' bonheur, remuant sa
P'tite queue en tire-bouchon
Cochon, cochon
Quel veinard, ce petit cochon !

Puis on mit, triste destinée !
Un autre cochon, gros et fort
Qui voulut, près d' sa dulcinée
Avoir aussi son heureux sort
Cochon, cochon
Fut cocu, le petit cochon!

{Refrain :}
Triste, triste, ô combien
Il s' battit pour son bien
Et reçut un pochon !
Cochon, cochon
Battu fut le petit cochon !


Les petits vernis, chanté et créé par Yvette Guilbert

C’est ceux qu’on voit passer avec des nœuds d’ cravate
Qu’ils ont mieux travaillés qu’ leur baccalauréat
Leur vrai rôle ici-bas c’est de faire de l’épate
Ma chère, si tu savais comme c’est un drôle d’état !

{Refrain :}
Voilà les vernis
Les petits vernis
Les pschutteux, les vlans, les chics, les fleurs de gomme
Voilà les vernis
Les petits vernis
Qui de leur vernis épatent tout Paris

C’est dans les acacias que ces aimables merles
Étalent de cinq à sept des grimpants à carreaux
Des chapeaux épatants ! avec des gants gris-perles
Ma chère, si tu savais c’ que ces gens-là sont beaux !

{au Refrain}

Ils aiment à casquer pour des femmes très chères
Chères ! ah ! tu m’entends bien ! je crois qu’on s’est compris !
Car pour le sentiment, les amours printanières
Ma chère, si tu savais c’ que c’est peu dans leurs prix !

{au Refrain}

Dans leurs cols empesés, ils n’ tournent jamais la tête
Et comme il est très pneu d’avoir l’air fatigué
On dirait des croque-morts les jours qu’ils font la fête
Mais chère, si tu savais c’ que ces gens-là sont gais !

{au Refrain}


Lettre au marquis, chanté par Esther Lekain à la maison Pathé-Frères

Monsieur le marquis, j’ vous écris cette lettre
Parce que la Marie qu'arrive du pays
M'a dit qu' vous alliez vous marier peut-être
Oh ! c’est-y Dieu possible, ça, monsieur l’ marquis ?

Mais y a pas deux ans, t'nez, moi je m' rappelle
Comme je n’ voulais pas qu' vous m’ parliez d’amour
Tout bas vous m’ disiez : Jeannette, t’es très belle
Je t' jure que j' t'aim'rai, que j' t’aimerai toujours

Ah ! monsieur le marquis, je n' suis qu’une p’tite bonne
Mais ça s'rait ben mal de m’avoir trompée
Mon corps était neuf, moi j’ n’aimais personne
Vous m' l'avez d'mandé, dame ! j'ai dû vous l' donner
Oui, monsieur l' marquis, j' n'étais qu'une p'tite bonne

Vous, vous êtes marquis, on n'est pas d' même race
On les nourrit bien chez vous, les faisans
Les ch'vaux et les chiens, tout ça pour vos chasses
Mais il crève de faim, votre petit enfant

Mais ça n' vous fait rien, n'est-ce pas, toutes ces choses
Vous voudriez p't-être m' barder d' falbalas
Des diamants, des robes, des cotillons roses
Ah ! non, non, jamais, j'ai d'autres idées qu' ça

Car, monsieur l' marquis, je n' suis qu'une p'tite bonne
Mais l' jour de votre mariage, j'irai la trouver, votre femme
J'y dirai : V' là les cloches qui sonnent
Pour vous épouser, c't homme-là m'abandonne
Il est mon amant à moi, la p'tite bonne


L'amour malin, chanté par Esther Lekain chez Pathé-Frères

{Refrain :}
L'amour est un p'tit gamin
Libertin
Et malin
Qui ne veut pas qu'on l'embête
Et l'on s’ dit chaque fois qu'il vous fait perdre la tête
"C'est l'amour qu’est cause de ça"
L’ scélérat ! Mais voilà
Si par la fenêtre on le jette
Soyez sûrs que bientôt par la porte il reviendra

Quand vient la saison des cerises
Les jeunes filles de seize ans
S'éloignent des amants
Elles ont peur de faire des bêtises
Mais ça n'est reculer
Qu' pour mieux sauter

{au Refrain}

Les seigneurs, par une ceinture
Fermée à double tour
Croyaient chasser l’amour
Leurs femmes pour forcer la serrure
Prenaient un amant d’ cœur
Cambrioleur

{au Refrain}


La pavane, chanté par Esther Lekain chez Pathé-Frères

La blonde soubrette Jeanne
À son maître, un vieux baron
Dit un jour : Montrez-moi donc
Ce que c'est que la pavane.
La pavane, mon enfant,
N'est plus de mode à présent,
Mais c'est une ancienne danse
Dont j'ai gardé souvenance.
Je vais essayer
De vous l'enseigner :
Tournez, passez, saluez,
Encore un tour, belle Jeanne, Jeanne
Glissez, sautez, traversez,
Avec des airs de sultane.
Voici comment autrefois,
Sous le temps joyeux des rois,
Se dansait la pavane.
Se dansait la pavane
La pavane


La pavane, chanté par Esther Lekain, Record Edison

La blonde soubrette Jeanne
À son maître, un vieux baron
Dit un jour : Montrez-moi donc
Ce que c'est que la pavane.
La pavane, mon enfant,
N'est plus de mode à présent,
Mais c'est une ancienne danse
Dont j'ai gardé souvenance.
Je vais essayer
De vous l'enseigner :
Tournez, passez, saluez,
Encore un tour, belle Jeanne, Jeanne
Glissez, sautez, traversez,
Avec des airs de sultane.
Voici comment autrefois,
Sous le temps joyeux des rois,
Se dansait la pavane.
Se dansait la pavane
La pavane



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