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| Titre : | Entretien avec Jules Supervielle - souvenirs de théâtre | |||
| Interprète(s) : | Jules Supervielle | |||
| Fichier audio : | ||||
| Photo(s) : | ||||
| Support d'enregistrement : | Disque | |||
| Format : | 30 cm aiguille (enregistrement électrique) | |||
| Lieu d'enregistrement : | Paris, France | |||
| Marque de fabrique, label : | Pyral zinc - Radio Luxembourg | |||
| Numéro de double-face : | 20472 | |||
| Date de l'enregistrement : | 1938 | |||
| Vitesse (tours/minute) : | 78 | |||
| Matériel employé au transfert : | Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar duo declickle | |||
| Date du transfert : | 17-05-2025 | |||
| Commentaires : | Texte du contenu ci-joint. | |||
| Texte du contenu : | Entretien avec Jules Supervielle, souvenirs de théâtre
- Oui, on avait préparé deux pétards pour le cas où l'un ne marcherait pas. Mais, malgré cette précaution, au moment de l'assassinat, aucun coup ne partit. On cherchait de pétards dans la coulisse; on s'affairait, En vain Ledoux passait et repassait devant la fenêtre dans l'attente de sa dernière minute. Rien ne se déclenchait. - Étiez-vous anxieux à ce moment pathétique et embarrassant ? - Inutile de vous dire que jamais je n’eus une telle envie d'assister à un assassinat. Heureusement Ledoux fit si bien les choses que seuls quelques spectateurs comprirent que le coup n'était pas parti. - Assistez-vous toujours à vos premières représentations ? - J'ai toujours pensé que je n'y assisterais pas mais régulièrement, au dernier moment, par déférence pour les interprètes et par suite d'une curiosité que vous comprendrez, je finis par y aller. - Et dans quel état moral y êtes-vous présent ? - Je ne suis guère inquiet ces soirs-là. On vous dit toujours des choses agréables, on vous filtre les impressions et on a le sentiment que tout va très bien. - Êtes-vous sensible à cette ambiance ? N'éprouvez-vous jamais des cas (?) d'anxiété et n'avez-vous jamais peur que le public ne vous comprenne pas ? - Je tâche de penser à autre chose. Je me récite des vers avec la secrète envie que cela finira le plus tôt possible. - Ne croyez-vous pas que vos œuvres théâtrales s'adressent plutôt à une élite ? - Il faut faire confiance au public. Et quand quelque chose ne va pas, je préfère m'en prendre à moi-même. - Mais vous n'avez tout de même pas l'impression que vous touchez le même public qu'un auteur dont les effets faciles, les dialogues et les solutions comiques sont prises sur le vif de la vie quotidienne. Le grand public n'est pas en général accessible à l'art poétique. - Eh bien, il l'est plus qu'on ne le suppose et je crois qu'un théâtre poétique est parfaitement susceptible d'intéresser le grand public. D'ailleurs des auteurs comme Giraudoux n'ont-ils pas réussi à séduire les masses ? - Euh, je ne le crois pas. Giraudoux manie fort aisément l'ironie. Ne croyez-vous pas que les spectateurs doivent éprouver le sentiment qu'on se moque un peu d'eux ? Discuter le succès, du reste, n'est pas à discuter de ..?.. - Évidemment. Mais c'est aussi trop commode d'invoquer toujours la bêtise du public. - En deux mots, écrire pour le théâtre, qu'est-ce que cela signifie exactement pour vous ? - Eh bien, pour le théâtre, ou écrire tout court, c'est pour moi mettre des lumières dans mon obscurité intérieure. C'est éclaircir un mystère. Il faut d'ailleurs se garder de le supprimer complètement si l'on veut laisser un sillage poétique. Quant à la compréhension d'un texte poétique, ce n'est pas une question de culture. - C'est peut-être, je crois, une question de méfiance. Les gens érudits sont souvent sur leurs gardes. Ils ont peur de se laisser aller à un penchant naturel, ils se défendent, ils s'arment d'ironie. - Tandis qu'un homme du peuple a une espèce d'innocence que l'on a raison de rapprocher de celle de l'enfant. Il accepte beaucoup plus d'audace, plus d'images qu'un homme du monde, par exemple, à condition qu'elles baignent dans une sorte de tendresse poétique. - Évidemment. Mais revenons à vos réactions d'auteur vis-à-vis du public. Y pensez-vous lorsque vous écrivez ? - Je ne pense pas au public lorsque j'écris. Je tâche de ne penser aux acteurs que la pièce finie. - Mais quand vous vous imaginez, lorsque vous travaillez l'idée de cette pièce... - Alors je ne pense à personne. Seul l'élan dramatique compte. Je tâche de m'exprimer avant tout même dans mes pièces historiques puisque, vous le savez maintenant, je ne suis pas un historien convaincu. |
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