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Titre :Déclaration de François de Tessan de retour des États-Unis
Interprète(s) :François de Tessan
Fichier audio :
Photo(s) :
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Support d'enregistrement :Disque
Format :30 cm aiguille (enregistrement électrique)
Lieu d'enregistrement :Paris, France
Marque de fabrique, label :Pyral alu - Radio Luxembourg
Date de l'enregistrement :1939-05-xx - 1939-06-26
Vitesse (tours/minute) :78
Matériel employé au transfert :Stanton 150, pointe 2,5ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar duo declickle
Date du transfert :18-05-2025
Commentaires :Texte du contenu ci-joint. Voici le seul enregistrement connu de François de Tessan (1883-1944), journaliste, homme de lettres et homme politique radical-socialiste français, mort en déportation à Buchenwald. Dans cet enregistrement il revient des États-Unis à la fin du printemps 1939 et déclare son admiration devant l'entrain spectaculaire et optimiste de l'Amérique du New Deal, Amérique qui néanmoins observe méticuleusement la probabilité d'une guerre en Europe. La date de l'enregistrement se situe après l'ouverture de l'Exposition universelle de New-York (30 avril) et avant le 26 juin 1939. New Deal de Roosevelt.
Texte du contenu :Déclaration de François de Tessan


Les États-Unis sont toujours animés de l'esprit d'entreprise le plus hardi et donnent une impression de continuel effort vers le progrès. Chaque fois que je les visite, et je ne les avais pas revus depuis la fin de 1936, je constate de nouveaux perfectionnements. New York en est le symbole. Il n'y a pas de capitale qui ait accompli de tels travaux d'embellissement et qui ait dans tous les domaines déployé une activité aussi intense pour battre les records internationaux. Nulle part la vie n'atteint un rythme aussi puissant. Aucune cité au monde ne donne l'exemple d'une volonté aussi énergique pour toutes les œuvres esthétiques et sociales. Je ne saurais cacher mon admiration pour New York que son maire, monsieur LaGuardia, administre avec autant d'audace que de méthode. Mais ce n'est pas New York seulement, c'est l'ensemble des grandes villes et la nation tout entière qui offre le spectacle d'un magnifique entrain en dépit des dépressions économiques temporaires et des courants défavorables aux affaires qui sont causés soit par le malaise général soit par des troubles purement locaux. Le président Roosevelt, au milieu de ces difficultés, maintient l'optimisme et résiste avec un indomptable courage aux campagnes dont il peut être l'objet à l'intérieur. Quant à sa politique extérieure, l'immense majorité des Américains l'approuve. Il n'est pas douteux que la manière dont il s'est dressé contre les ambitions des états totalitaires et que tout spécialement son message aux dictateurs d'Italie et d'Allemagne ont reçu l'adhésion complète de nombreux citoyens qui ne sont pas d'accord avec le chef de l’État sur les réformes inscrites dans le programme du New Deal. En se posant en champion de la démocratie et de la liberté, le président Roosevelt rallie sur un plan supérieur l'adhésion de presque tout le peuple des États-Unis. La situation extérieure est du reste l'objet de toutes les conversations et de tous les commentaires. Jamais les Américains ne se sont penchés avec autant de curiosité et autant de sollicitude sur les affaires européennes. Chaque journal, chaque citoyen analyse longuement les événements diplomatiques, suppute les risques de conflit, exprime son opinion sur les chances de maintenir la paix et sur les possibilités d'une guerre nouvelle. La spéculation au sens intellectuel et au sens matériel du mot prend dans certains moments des proportions inouïes. Cela nous amène à nus poser la question : Que feraient les États-Unis au cas où les hostilités seraient déclarées ? Je crois pour ma part que les pays démocratiques auraient les moyens de commercer avec l'Amérique du Nord, de s'y procurer les engins qui pourraient leur manquer , d'obtenir des ressources de toutes natures qui les aideraient à remporter la victoire. Les amendements au Neutrality Act qui ont été récemment préconisés par monsieur Cordell Hull et qui se sont transposés en amendements que vient d'adopter la commission des affaires étrangères du Congrès sur la proposition de monsieur Sol Bloom sont la meilleure preuve de l'esprit de libéralisme à notre égard qui règne dans les milieux politiques les plus éclairés. Laissons-les agir et attendons sans nervosité le vote de ces amendements sur lesquels la chambre des députés de Washington se prononcera le 26 juin. Soyons persuadés en tout état de cause que si les états totalitaires prenaient l'offensive contre les nations démocratiques, le cas de conscience qui se poserait alors pour les États-Unis se traduirait par des mesures qui favoriseraient l'action des défenseurs de la civilisation et de l'indépendance des peuples. Nous n'en sommes pas encore là. Et, pour demeurer dans l'actualité, mieux vaut contempler l'esprit humain en ce qu'il a de créateur et de fécond pour le bien-être de tous. À ce titre, l'Exposition Universelle de New York que j'ai longuement visitée est admirable. Toutes les nations dont le pavillon est représenté ont tenu à rivaliser d'ingéniosité pour montrer la valeur de leur contribution à l'avancement des arts et des techniques diverses. C'est pour un Français une joie de constater que notre section offre une harmonieuse synthèse de nos activités nationales et coloniales. Le pavillon consacré à la France d'Outre-Mer entre autres est une merveilleuse leçon de choses. Les Américains se pressent sur notre terrain et se rendent compte de ce qu'est la France, la vraie France, la France du travail, la France dont le génie répand sur tous ses lumières, la France qui ne demande qu'à vivre en paix avec les autres peuples et à collaborer au bonheur commun. Mais ils voient aussi que cette France est forte et fière, capable de se défendre contre tout agresseur éventuel et ils ne l'en estiment que davantage. Je ne puis que vous rapporter ces brèves impressions, puissent-elles vous réconforter comme j'ai été moi-même réconforté par ce que j'ai entendu et ce que j'ai vu au cours de ces dernières semaines dans la grande et libre Amérique.



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