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| Titre : | Adolf Schärf à la conférence de Lugano, à l'occasion du 10e anniversaire de la Déclaration de Moscou |
| Interprète(s) : | Adolf Schärf |
| Fichier audio : | |
| Photo(s) : | |
| Support d'enregistrement : | Disque |
| Format : | 30 cm aiguille (enregistrement électrique) |
| Lieu d'enregistrement : | Lugano, Suisse |
| Marque de fabrique, label : | Pyral alu - Radio Luxembourg |
| Date de l'enregistrement : | 1953 |
| Vitesse (tours/minute) : | 78 |
| Matériel employé au transfert : | Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe Westrex, Cedar duo declickle |
| Date du transfert : | 19-05-2025 |
| Commentaires : | Texte du contenu ci-joint. Adolf Schârf (1890-1965) était alors vice-chancelier fédéral d'Autriche. La déclaration de Moscou fait référence à l'ensemble des quatre déclarations conclusives des réunions de la troisième conférence de Moscou tripartite (États-Unis, Royaume-Uni et URSS) ou quadripartite (avec la Chine) qui se tinrent du 19 au 30 octobre 1943 à Moscou. La Déclaration des Quatre Nations est considérée comme l'un des textes préparatoires de la Charte des Nations unies. |
| Texte du contenu : | Adolf Schärf à la conférence de Lugano, à l'occasion du 10e anniversaire de la Déclaration de Moscou
- [...] situation présente. Comment expliquez-vous, monsieur le vice-chancelier, que la déclaration de Moscou garantissant l'Autriche pays ami et à libérer n'ait pu être exaucée ? - Dès la fin de la guerre par les armes, guerre déclenchée par l'Allemagne et l'Italie, s'est fait jour en réalité une guerre froide entre les anciens adversaires d'Hitler, entre les puissances occidentales d'une part et la Russie d'autre part. Le maintien de l'occupation de l'Autriche n'est autre que la subsistance des sphères d'influence militaire comme elles existaient à la fin de la seconde guerre mondiale. Le fait que chaque puissance conserve la position militaire répondant le mieux à ses désirs ne peut permettre à l'Europe d'avoir la paix réelle. - Estimez-vous, monsieur le vice-chancelier, que les puissances occidentales désirent vraiment voir l'Autriche libre ? - Je suis convaincu que toutes les puissances occidentales ont ce même désir. - Alors, comment se fait-il à votre avis que la libération n'ait pas encore eu lieu ? - La Russie ressent un besoin particulièrement impérieux de voir ses frontières en sécurité. Il me semble que la Russie s'opposera à toute solution aussi longtemps qu'elle ne croira pas satisfait ce besoin naturel de sécurité. - Dans ce cas, monsieur le vice-chancelier, comment concevez-vous un tel besoin ? - Il m'est difficile de répondre parce que je suis autrichien et non russe. Toutefois, je suppose que pour l'heure personne ne veut la guerre mais tout le monde la craint. Aussi fut-il avant tout rétablir la confiance. L'Autriche fait ce qu'elle peut. Sans doute veut-elle collaborer avec les pays pacifiques dans le domaine économique comme dans le domaine culturel. Cela ne constitue aucune menace mais au contraire contribue à la stabilisation européenne. - Mais, monsieur le vice-chancelier, la propagande communiste insiste particulièrement sur deux points : L’Autriche doit se prononcer en faveur de la neutralité, elle doit favoriser les échanges commerciaux Est-Ouest. - Je le sais. Mais pour nous autres, Autrichiens, nous estimons que notre pays doit être d'abord souverain pour être capable d'une action personnelle et donc être à même de choisir. Si cette souveraineté légitime nous est accordée, nous saurons défendre nos intérêts sans devenir pour autant un satellite de l'une ou de toute autre puissance. - Et que pense de cela l'opinion publique ? - L'Autrichien est convaincu qu'il a droit à sa liberté quelles que soient par ailleurs les divergences de vue entre les alliés. L'Autrichien normal ne peut comprendre que les conséquences de telles divergences doivent être supportées par l'Autriche. Pour cette raison, il désir que sa libération se fasse aussitôt que possible et cela indépendamment de la solution qui sera apportée à tous les autres problèmes internationaux. L'Autrichien ne peut comprendre qu'un parole donnée solennellement ne puisse être respectée. - Espérez-vous que la Conférence de Lugano apportera quelque baume au cœur de l'Autriche ? - Il m'est difficile de répondre car vous savez comme moi que l'Union Soviétique n'a pas encore fait savoir si elle acceptait l'invitation des puissances occidentales. Après 10 ans de promesses, après 260 réunions des suppléants des ministres des Affaires Étrangères, après des conférences, après des échanges suivis d'un autre, il va de soi que l'Autriche est sceptique. Nous ne pouvons simplement qu'espérer que la Russie acceptera de s'associer aux autres puissances libératrices. - Je vous remercie, monsieur le vice-chancelier, et je présume [...] |
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