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| Titre : | La statue (extrait de "Morbidezza") | ||||||||
| Compositeur(s) et-ou auteur(s) : | Maurice Rostand | ||||||||
| Interprète(s) : | Maurice Rostand | ||||||||
| Genre : | Diction : poème | ||||||||
| Fichier audio : | |||||||||
| Photo(s) : | |||||||||
| Support d'enregistrement : | Disque | ||||||||
| Format : | 30 cm aiguille (enregistrement acoustique) | ||||||||
| Marque de fabrique, label : | Pathé | ||||||||
| Numéro de catalogue : | X9079 | ||||||||
| Numéro de matrice : | N201714-1 | ||||||||
| Date de l'enregistrement : | 1929-05-xx | ||||||||
| Instruments : | Déclamation, diction, monologue | ||||||||
| Vitesse (tours/minute) : | 78 | ||||||||
| Matériel employé au transfert : | Stanton 150, pointe 3,0ET sur Shure, Elberg MD12 : courbe flat, Cedar duo declickle, dehiss | ||||||||
| Date du transfert : | 28-02-2024 | ||||||||
| Commentaires : | Texte du contenu ci-joint. Gravée d'avril à juin 1929 et publiée par Pathé au printemps 1930, cette "Anthologie des poètes français contemporains dits par eux mêmes" rassemble sur 24 faces de disques les voix de Lucie Delarue-Mardrus, Maurice Donnay, René Fauchois, Paul Fort, Franc-Nohain, Paul Géraldy, Rosemonde Gérard, Pierre de Nolhac, François Porché, André Rivoire, Maurice Rostand et Miguel Zamacoïs récitant des fragments de leurs oeuvres. Un article publié en français dans The French Review, Vol. 4, No. 6 (May, 1931), pp. 461-466 offre une présentation de ces disques et propose un état des lieux de la diction du vers français et la déclamation en France, en considérant cet art comme étant alors dans une période de transition. Collection David Schmutz. | ||||||||
| Texte du contenu : | La statue (extrait de "Morbidezza")
Luchon, août 1927 Huit ans se sont passés depuis qu'un jour glacé Ta voix s'est mortellement tue, C'est ici que jadis ton enfance a glissé Je n'y trouve que ta statue. Où tes rires jadis ont chanté longuement, Où battirent tes deux paupières, Où tu fus ce jeune homme, où tu fus cet enfant - Plus rien qu'un visage de pierre. Voici les frondaisons dont tu m'avais parlé, Les bergers au béret de pâtre Et le petit guignol où tu vis s'envoler La grande âme de ton théâtre. Voilà cette douceur, ce repos, ce bruit d'eau, Dont tu dis les notes courantes, Et ce qui t'a donné selon tes propres mots Le goût des choses transparentes. Voici le casino frivole et négligent, Environné par une grille, Où le parquet glissant sous ses souliers d'argent, Ma mère a dansé jeune fille. Oh ! se peut-il vraiment que l'on te cherche en vain, Où fut ta jeunesse en allée ; Ni dans aucun jardin, ni dans aucun chemin Ni dans aucune grande allée. Les endroits familiers sont-ils si dédaigneux Des êtres aimés qui passèrent, Et ne demeure-t-il de tes immenses yeux Que ces deux cavités de pierre. Mon Dieu ! qu'avez-vous fait ? Qu'ai-je voulu chercher Dans cet horizon qui me tue ? Je venais voir de l'eau, du ciel pur, des rochers. - Je n'ai trouvé qu'une statue ! Elle est là, au milieu du paysage bleu Si mortellement immobile ; Sans doute, ce n'est pas effroyable, mon Dieu ! De voir la statue de Virgile. On n'est pas effrayé dans le marbre inhumain, De voir un de ces grands poètes. Mais quand c'est un de ceux dont tant de fois les mains Se posèrent sur votre tête. Quand dans la dureté du marbre, on voit surgir Un front mêlé à votre vie, Quand ce visage blanc donné au souvenir Est une figure chérie, Quand le. buste lointain que les passants distraits Regardent en nommant des livres, Fut un visage aimé qu'on a vu de si près, Quand tout ce marbre on l'a vu vivre. Quand on vit sur ce front une veine bleuir Que jamais le rêve n'oublie, C'est de quoi vous donner sans doute, de mourir, Une désespérante envie. Et j'aurai vu cela sous le ciel du dehors Dans un square où les enfants jouent J'aurai vu le visage aussi glacé qu'un mort ! Moi qui vis les vivantes joues. Moi qui sus la façon dont ce regard vivait. Et qui, toujours en moi, le garde J'aurai pleuré devant ce monument muet Qui ne sait pas qu'on le regarde ! Mon Dieu ! vous voulez donc que plus rien désormais Ne me console ou me soulage... Comment voudriez-vous qu'on revive jamais Quand on a revu ce visage. Comment voudriez-vous que rien compte ici-bas, Le bonheur, le travail lui-même, Quand on a regardé, l'ayant vu vivre, hélas ! La statue de l'être qu'on aime. Car il faudrait, Seigneur, pouvoir mourir avant Ce supplice extraordinaire De voir, quand on aima le visage vivant, Le même visage de pierre. |
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